15 juin 2017

Il y a 100 ans : L’avenir de Madagascar (4)

(Suite.)
Peut-on imaginer une clause léonine plus odieuse, plus inique, plus anti-coloniale, plus monstrueuse enfin. Et, naïvement, M. Lebureau a le… courage de nous demander comment on peut aider au développement de la colonie ! Sa demande est-elle sérieuse ? On pourrait en douter.
La législation sur la propriété foncière remaniée de façon à offrir toutes facilités et toutes garanties au colon, à quoi ce dernier pourra-t-il employer son énergie et son initiative ? Il n’aura que l’embarras du choix suivant son goût et ses aptitudes, car Madagascar présente des ressources si étendues et si variées qu’il serait difficile de trouver une autre colonie, ou même un autre pays, en présentant un ensemble aussi complet.
Les crises que subit la France en ce moment vont nous guider dans cette énumération.
D’abord, celle du papier qui touche directement le journalisme, tant en France qu’en Angleterre.
Elle provient de deux causes : d’abord le manque de matière première que les fabricants tant anglais que français faisaient venir des pays étrangers, pour plusieurs centaines de millions par an. Pour y remédier, d’aucune ont proposé de mettre en coupe réglée les forêts de l’Afrique équatoriale, d’autres proposent d’aller exploiter les bambous de nos colonies de l’Extrême-Orient, etc. Personne ne songe aux ressources que présente Madagascar. Et cependant, il suffirait de remettre au jour le rapport dont nous avons parlé de la commission présidée par Monsieur Achille Bergès, et qui affirme que Madagascar possède des plantes textiles, et quantités inépuisables et de qualité bien supérieure à celles que l’on va chercher dans les pays étrangers. Quantités inépuisables, qualité supérieure… Que l’on demande à M. Augagneur, qui, frappé par cette affirmation, a tenu à en vérifier l’exactitude par lui-même.
L’énumération, ici, de toutes ces plantes, serait trop longue, elles sont d’ailleurs connues de tout le monde. En voici quelques-unes au hasard.
Les cypéranées, auxquelles appartiennent les zouzours, ou cyperus, avec les fibres duquel les anciens Égyptiens ont fait du papyrus, qui a donné son nom aux produits similaires, soit le papier.
 (À suivre.)

Le Tamatave

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