27 avril 2015

Il y a 100 ans : L’impôt capital (1)

Il n’y a pas de questions qui aient été aussi agitées que celles-ci.
À Madagascar, comme ailleurs du reste, lorsqu’il s’agit de s’acquitter d’un impôt, on le fait généralement de mauvaise grâce.
Ici, nombre d’indigènes se plaignent de ne pouvoir payer la carte individuelle. Est-ce à tort ou à raison, et pourquoi ? Serait-elle d’un prix trop élevé, ou bien en exigerait-on trop vite la rentrée ?
À cela, nous répondrons que cet impôt n’est pas exagéré, mais même nécessaire puisqu’il oblige l’indigène à travailler. De plus, la façon dont on le recueille donne à celui-ci toute latitude de s’en acquitter par fractions, d’un bout de l’année à l’autre.
Nous sommes donc, naturellement, amenés à rechercher quelles sont les ressources du Malgache habitant nos régions.
Elles sont de trois sortes ; d’abord, le travail chez le colon au mois, à la journée ou à la tâche, puis la culture de ses rizières et terrains, enfin la vente de ses récoltes ou produits naturels cueillis par lui dans les forêts (cire, rafia, caoutchouc, etc.).
Comme main-d’œuvre, le Betsimisaraka a le choix des emplois, tantôt chez le colon, le prospecteur, l’entrepreneur ou en ville comme domestique et parfois dans certains métiers comme artisan. Malheureusement, il n’a pas beaucoup de suite dans le travail et on ne peut guère compter sur lui. Que serait-ce s’il n’avait pas d’impôt à payer !
Maintenant, cherchons sa valeur comme cultivateur : une case, un bout de rizière, du terrain à ne savoir qu’en faire, avec cela bon ou mal an il arrive juste à gagner de quoi crever de faim, car il ne plante généralement que pour le quart de ce qu’il lui faut pour vivre, lui et les siens. En avons-nous vu des familles entières, dans la brousse, réduites à manger du viha à défaut de manioc ou de bananes vertes et bouillies. Quant au riz, il y a belle lurette que le dernier grain a disparu du grenier. S’il se trouve dans ce cas, c’est bien sa faute et il est loin d’être à plaindre. D’ailleurs, celui qui veut se donner un peu de peine vit dans une certaine aisance, grâce à la fertilité du sol.
Ici comme dans le cas précédent, l’impôt seul l’oblige à travailler un peu.
(À suivre.)
Dik.

La Dépêche malgache

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