8 octobre 2014

Il y a 100 ans : Les crocodiles malgaches (10)

(Suite.)
Les femmes et les enfants se laissent au contraire entraîner sans lutte et on dirait que les caïmans le savent car la plupart des victimes qu’ils font annuellement sont des indigènes en bas âge ou du sexe féminin.
On évite assez facilement avec quelques précautions l’attaque du mamba. Tous, même les mangeurs d’hommes, craignent le grand bruit et sont au fond très couards et faciles à effrayer. Ils fuient, même dans l’eau, à l’approche d’une bande bruyante d’indigènes ou à la détonation d’une arme à feu. Mais, ici encore, il ne faut pas trop généraliser. Certains bruits au contraire l’attirent, par exemple l’aboiement d’un chien ou les cris d’un enfant qui pleure. J’en ai vu même qui avaient pris l’habitude de venir, au coup de fusil, ramasser la pièce qu’un chasseur venait d’abattre dans un étang.
On ne peut guère songer à débarrasser maintenant l’île de ces animaux, les seuls réellement dangereux pour l’homme qui existent à Madagascar. Ils n’ont pas d’ennemis naturels, sauf le sanglier qui, parfois, dévore leurs œufs. L’homme peut essayer aussi de détruire ces œufs, mais leur découverte n’est pas toujours aisée et ils sont si nombreux et la vie d’un voay est si longue qu’une seule ponte oubliée suffit à assurer le sort de l’espèce dans toute une région. On peut aussi détruire les adultes à coups de fusil, mais le seul résultat qu’on obtienne ainsi est de diminuer la grosseur des caïmans de la rivière où ce moyen est employé et non leur nombre, qui s’accroît au contraire. Ce résultat qui, de prime abord, semble extraordinaire, est simplement la conséquence de ce fait que les chasseurs tirent plus volontiers sur les plus gros adultes et de cet autre que ces derniers dévorent souvent les jeunes et empêchent ainsi la trop grande multiplication de l’espèce.
Les Malgaches piègent les crocodiles de nombreuses façons et ces moyens, qui n’ont pas plus d’intérêt pratique que le fusil quant à la destruction de l’espèce, sont parfois assez ingénieux.
(À suivre.)
Perrier de la Bathie.

Bulletin de l’Académie malgache


L'intégrale en un livre numérique (un volume équivalant à 734 pages d'un ouvrage papier), disponible en deux endroits:
  • Lulu, intermédiaire habituel de la Bibliothèque malgache, au format epub - sans couverture: 6,99 €
  • Amazon, qu'il est inutile de présenter, au format Kindle (Calibre, un logiciel gratuit, permet de convertir aisément en epub si on ne possède pas de liseuse spécifique): 7,49 €

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire