26 septembre 2016

Il y a 100 ans : À propos des graphites

On nous écrit :
La semaine dernière, à propos des graphites de Madagascar, je vous ai adressé une lettre que vous avez bien voulu publier, en tête de votre numéro 375 de mercredi dernier, et je vous en remercie. Mais, en même temps, permettez-moi de vous signaler une erreur qui s’y est glissée, qui dénature ma pensée et que je vous serais obligé de rectifier.
En effet, vous me faites dire : « … il y a des intérêts particuliers considérables qui peuvent échapper à la perspicacité de notre gouverneur général… »
Alors que j’avais dit : « … qui ne peuvent échapper à sa perspicacité… »
Cette rectification s’impose d’autant plus que je savais que cette question avait déjà été étudiée en haut lieu, et que, depuis, une solution satisfaisante avait dû intervenir puisque la baisse motivée par les causes que je vous ai dénoncées a été immédiatement arrêtée, et par suite n’a été que très passagère, ce qui fait qu’actuellement le graphite de Madagascar est de nouveau en hausse.
Malheureusement, la question du fret ne paraît pas encore avoir été solutionnée, pour notre plus grand préjudice.

M. le Gouverneur Général

M. Garbit qui, selon la tradition, doit venir passer quelques jours à Tamatave, sera dans nos murs probablement samedi matin.
Le Tamatave

Un monument à la mémoire de Galliéni

En apprenant la mort du général Galliéni, différentes personnalités de Madagascar ont pris l’initiative de faire revivre un projet dont il avait été déjà question il y a quelques années et dont la guerre avait empêché la réalisation.
Il s’agit d’élever à Tananarive un monument à la mémoire du chef éminent qui, avant de rendre à la France les derniers services que l’on sait, fut le véritable créateur de notre grande possession de l’océan Indien.
Un Comité, qui sera présidé par M. Alfred Grandidier, membre de l’Institut, est en voie de formation à Paris pour réaliser ce projet auquel le rôle joué en 1914-1915 par le général Galliéni donnera le caractère d’une manifestation nationale.
Nous ne saurions trop applaudir à cette touchante initiative.

Le Courrier colonial

Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont maintenant disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 50 titres parus à ce jour.

24 septembre 2016

Il y a 100 ans : Les chevaux de Madagascar

Un de nos correspondants nous envoie quelques détails complémentaires au sujet de notre article sur l’exposition chevaline de Tananarive.
Au point de vue production générale, on peut être assuré que l’élevage du cheval a pris, en Imerina, une place vraiment importante dans l’activité économique de l’île.
Je puis vous dire que 1 850 chevaux ont été visités par la commission de recensement au cours de sa tournée et qu’il y a eu malgré cela de nombreuses abstentions, si bien que le Service vétérinaire estime à 2 200 au moins le nombre total des chevaux existant entre Tananarive et Antsirabe ou dans les environs.
Comme vous le voyez, nous sommes loin des premiers temps de l’occupation, où l’habitant sortait curieusement sur sa vérandah, en entendant le pas d’un cheval dans sa rue.
D’ailleurs, il paraît que, depuis un an ou deux, la production s’étend à des régions jusqu’ici négligées telles que l’ouest de l’Ankaratra, dans les districts de Faratsiho et Mandrarivo ; en un mot, l’élevage ne se cantonne plus en Imerina.
L’indigène commence, d’autre part, à se rendre compte de l’importance des bons soins donnés à ses chevaux et il faut bien qu’il en soit ainsi pour que 250 animaux aient pu être rassemblés à Mahamasina, dans un aussi parfait état d’entretien.
Enfin, le type s’est très sensiblement amélioré.
Il nous a été donné de voir, à cette exposition, dans la catégorie des juments poulinières, dans celles des chevaux de trois ans et au-dessus, des spécimens de bonne taille (1 m. 50, 1 m. 52, 1 m. 54 et même 1 m. 63), fort élégants, très suffisamment étoffés, capables de porter sans fatigue un cavalier déjà lourd.
Si vous voulez me permettre de confesser mon sentiment, qui est celui de beaucoup de colons, c’est que cette amélioration du cheval malgache est due à la race tarbe du Midi français, que quelques-uns disent anglo-arabe ; il paraît avoir été importé il y a une quinzaine d’années et ce serait un des bienfaits les plus tangibles des services des Haras dans la colonie, lesquels nous ont promis de poursuivre leurs essais jusqu’à l’obtention d’un type idéal.

Le Courrier colonial

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23 septembre 2016

Il y a 100 ans : Morts au champ d’honneur

de Labrouhe de Laborderie (André-Marie-Joseph), colonel commandant une brigade d’infanterie. – « Commandant de brigade superbe, calme, réfléchi, résolu. S’est distingué à la bataille de Verdun, en tenant en échec, pendant plusieurs jours, une division ennemie dont l’artillerie battait d’écharpe et à revers l’aile droite de sa position. A été blessé mortellement à son poste de commandement. Avait été nommé commandeur de la Légion d’honneur pour prendre rang du 10 mars 1916. »
M. de Labrouhe de Laborderie était le frère de l’administrateur, chef de la province de Tamatave.
Imhaus (Théodore), chef de bataillon commandant le 3e bataillon du 163e régiment d’infanterie. Tué à l’ennemi. – A été cité deux fois à l’ordre du jour dans les termes suivants : « Officier supérieur animé des sentiments les plus élevés. Venu sur le front à 61 ans, a donné un exemple superbe de bravoure en se jetant, revolver au poing, suivi de ses agents de liaison, sur une troupe ennemie qui tentait un encerclement. A réussi par son action héroïque à arrêter le mouvement enveloppant. A été tué d’une balle au cœur. » (J. O. R. F. du 7 juin 1916.)
« Le 30 mars 1916, étant blessé à son poste après la relève de son régiment, a donné le plus bel exemple de courage et d’énergie en se portant à la tête d’une poignée de braves et, revolver au poing, à la contre-attaque de groupes ennemis qui avaient réussi à s’infiltrer dans nos lignes. A été tué. » (J. O. R. F. du 7 juin 1916.)
Le chef de bataillon Imhaus avait pris sa retraite à Diego-Suarez, où il avait créé avec ses fils d’importantes entreprises industrielles.
Journal officiel de Madagascar et dépendances

Pour la culture du ricin à Madagascar

La Chambre consultative de Tananarive s’est préoccupée tout dernièrement de l’exportation des graines de ricin, ce produit semblant trop négligé jusqu’à présent parmi les cultures locales.
Cependant, les exigences de la Défense nationale devraient provoquer l’attention du commerce et de l’industrie de la Grande Île. Aussi, la Chambre consultative a-t-elle demandé à M. Garbit d’inciter les indigènes à cultiver le ricin et d’en vendre toute la récolte à l’Administration.

Le Courrier colonial

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22 septembre 2016

Il y a 100 ans : Les graphites, et encore les graphites (3)

(Suite et fin.)
Ainsi non seulement le gouvernement français n’envoie pas de bateaux, mais encore il réquisitionne ceux qui visitent notre colonie.
Or le producteur dont je cite l’exemple se trouve avoir dans ses magasins de Tamatave, – tous bondés jusqu’au toit, – 3 000 sacs de graphite pesant 240 tonnes, ce qui à 500 fr. au minimum la tonne représente la valeur respectable de 120 000 fr.
Or sur cette quantité, il a été fait des débours considérables ; tous les frais sont payés, main-d’œuvre, transport, magasins, etc. ; les sacs seuls y figurent pour une valeur de 6 000 fr. De plus ils vont se détériorer par leur long séjour en magasin, au point que beaucoup d’entre eux seront inutilisables au moment de l’embarquement.
Ce n’est pas tout : 150 autres tonnes sont en route de la mine vers Tamatave, ayant également payé tous leurs frais. Où faudra-t-il les mettre en dépôt ?…
D’un autre côté, serait-il possible de suspendre les travaux et d’arrêter la production ? Ce serait un véritable désastre.
Demander des avances à un établissement de crédit ? Il n’en existe pas à Madagascar !…
Si la Colonie voulait faire elle-même les avances nécessaires à maintenir l’exploitation des mines de graphite, il lui faudrait débourser plusieurs millions, que probablement elle n’a pas.
Le remède à une situation aussi angoissante ?
Il n’y en a qu’un seul… des bateaux, et encore des bateaux !
Le Tamatave

Mort au champ d’honneur

Fayard (Joseph-François), caporal à la 8e compagnie du 34e colonial. – Tué à Massiges le 6 octobre 1915, dans les conditions suivantes rapportées par son commandant de compagnie :
« Le caporal Fayard a été tué glorieusement le 6 octobre à la tête de son escouade. Il est mort très rapidement d’une balle à la tête. – Il était arrivé récemment à la compagnie et avait laissé bonne impression parmi ses camarades. »
M. Fayard, missionnaire de la Mission lazariste à Madagascar, avait été mobilisé à Betroka, comme soldat, le 3 avril 1915.

Journal officiel de Madagascar et dépendances

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21 septembre 2016

Il y a 100 ans : Les graphites, et encore les graphites (2)

(Suite.)
Cependant, à l’appui de ce qui est dit ci-dessus, nous pouvons ajouter le fait suivant :
Le jour où a paru la décision du gouvernement français interdisant l’exportation en Amérique des graphites de Madagascar, ce produit sur le marché français a subi une baisse de 200 francs la tonne.
Comme aucun raisonnement ne vaut l’éloquence des chiffres, en voici quelques-uns qui éclaireront la situation d’un jour encore plus complet.
Le gouvernement français, par l’intermédiaire du gouverneur général, a fait inviter les producteurs de graphite à intensifier le plus possible leur production. Pour répondre à cette invitation, M. Garbit a été jusqu’à prendre des mesures administratives afin de pouvoir fournir aux producteurs de la main-d’œuvre prestataire, rétribuée à l’égal des autres ouvriers. La production, par suite, a plus que doublé.
Mais le gouvernement français, qui avait promis d’envoyer des bateaux pour enlever cette production lorsque celle-ci atteindrait 2 500 tonnes par mois, a oublié de tenir sa promesse.
Est-ce que la puissante société anglaise, dont plus haut il est fait mention, aurait aussi obtenu du gouvernement français le contrôle exclusif des graphites de Madagascar au risque de ruiner notre colonie ?… Mystères et pots de vin peut-être ! Todo puede ser !
En attendant, voici à titre d’exemple la situation plus que défavorable faite à un producteur de la province de Tamatave, situation qui lui est commune avec d’autres producteurs.
Il devait expédier par Sidney et Crimée, faute de place, seulement une partie de ses produits.
Voici la circulaire qu’il a reçue, en même temps que les autres négociants et industriels inscrits pour chargements sur ce même bateau :

Tamatave, le 8 juillet 1916.
J’ai l’honneur de vous informer qu’à la suite d’une nouvelle réquisition visant des transports de Tamatave à Marseille par Sidney, tout le tonnage disponible pour les envois du commerce se trouve utilisé. Je regrette qu’il ne soit plus possible dans ces conditions d’enlever, suivant nos prévisions, les expéditions que vous m’aviez offertes et que j’avais acceptées sous réserve de réquisitions.
Pour l’Agent Général p. i.,
Signé : Antoine.
 (À suivre.)

Le Tamatave

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20 septembre 2016

Il y a 100 ans : Les graphites, et encore les graphites (1)

Nous avons reçu par lettre les renseignements ci-après avec prière de les publier, surtout d’en recommander spécialement la lecture à ceux qui nous gouvernent, – ce que nous faisons volontiers, espérant qu’un grand pas sera fait vers la solution de cette question si angoissante.
Dans son numéro du vendredi 30 juin dernier, La Tribune a publié un article sous le titre « Toujours les graphites », dans lequel pas un mot n’est à retrancher et aux conclusions duquel je m’associe pleinement.
Mais, par courrier, j’ai reçu des renseignements spéciaux qui jetteront un jour complet sur cette question palpitante.
Une puissante société anglaise qui fabrique des creusets, – pour ne pas la désigner autrement, – et qui approvisionne de numéraire une autre société créée à Paris, laquelle s’occupe exclusivement de graphites à Madagascar, a obtenu du gouvernement anglais le contrôle sur tous les graphites importés en Angleterre, ou exportés de ce pays.
Une fois cette situation bien établie, elle a obtenu, – nous ne savons comment, – que le Gouvernement français interdise totalement l’exportation des graphites de Madagascar, qui, tous, doivent être concentrés à Marseille.
Cela bien défini, deux alternatives peuvent se présenter : ou la production de Madagascar sera insuffisante pour approvisionner la France, et dans ce cas les prix se maintiendront, ou il y aura surproduction, et alors, seule, la société anglaise, ayant le contrôle, pourra acheter.
Dans ce dernier cas, elle achètera – et déjà elle a même achetéà la baisse, et ces graphites sont par elle réexpédiés en Amérique à un prix qui dépasse 2 000 francs la tonne, d’où baisse du louis français et hausse de la livre anglaise.
C’est là l’intérêt général. Mais en ce qui concerne la Colonie et les producteurs de graphite, il y a des intérêts particuliers considérables qui peuvent échapper à la perspicacité de notre gouverneur général, et qui réclament simplement qu’après surapprovisionnement de la France et de ses alliés, l’exportation des graphites en Amérique soit autorisée, pour être livrés uniquement aux fabriques travaillant pour la France et ses alliés et sous tel contrôle – celui de consuls, par exemple – que le gouvernement voudra bien instituer.
 (À suivre.)

Le Tamatave

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19 septembre 2016

Il y a 100 ans : Le carnet d’un boto de pousse-pousse

En entretenant mes lecteurs dimanche dernier de la souscription pour le futur monument Galliéni, je leur rappelais ce fait connu, que notre regretté Gouverneur Général avait pour Tamatave une prédilection marquée. Eh bien ! depuis quelque temps, je remarque qu’il n’était pas seul dans ce cas. Nombre de Tananariviens sont heureux, dès qu’arrive la saison fraîche, de venir passer quelque temps parmi nous, se réconforter à notre bon soleil dont la chaleur actuellement est atténuée par des pluies… copieuses.
En dehors des colons, commerçants ou industriels, une catégorie de fonctionnaires semble ne plus pouvoir se passer de nous. Ce sont Messieurs les Chefs de Service qui, pour conserver à la Colonie leurs précieuses santés, viennent aux frais de la Princesse faire chaque année leur petite cure. C’est une bonne réclame pour nous et qu’ils croient bien que nous en sommes très flattés. Les services n’en marchent ni mieux ni plus mal ; nous aurions donc tort de nous plaindre.
C’est comme pour Antsirabe, lorsque des baignoires confortables et un hôtel somptueux y seront installés, je suis bien certain qu’à la saison chaude notre établissement thermal aura comme clients plus les Chefs de Service que de surveillants des Travaux Publics.
Sarah B.

Un nouveau bataillon

M. le Commandant d’Armes Mativat, qui devait rentrer en France par Ville de Marseille avec le bataillon de l’Émyrne, est affecté à Diégo-Suarez où il doit former le 6e bataillon de marche.
Cet officier supérieur part pour Diégo par le Sidon, il est accompagné de quelques officiers de la garnison.
M. le Commandant Muller lui succède comme commandant de la Place.
La Dépêche malgache

Départ de troupes

Sur la Ville d’Alger, qui est en instance de départ, et qui doit aller directement en France, s’embarquent demain 1 100 tirailleurs malgaches qui, splendidement équipés et superbement bâtis, présentent une belle tournure.
La musique du 2e malgaches doit les conduire jusque sur le quai.
Le Tamatave, tout en les accompagnant de sa sympathie, leur souhaite un heureux voyage, et surtout un prompt retour, car ce dernier signifiera que la guerre est terminée victorieusement pour nous.

Le Tamatave

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16 septembre 2016

Il y a 100 ans : Quadruple exécution capitale à Tamatave

Dans la nuit du 29 au 30 octobre 1915, quatre indigènes ont pénétré dans l’habitation du nommé Batata, située à Ambodilaitra, gouvernement de Foulpointe, et l’ont assassiné ainsi que sa femme. Puis ils lui ont coupé la joue gauche pour fabriquer des médicaments (fanafotsy) comme ils l’ont déclaré plus tard.
Mais la femme a survécu assez de temps pour faire connaître les auteurs du crime.
Ce sont les nommés Tafika, Sampy, Toandro et Toto.
Accablés par les témoignages reçus, et ayant d’ailleurs reconnu les faits qui leur étaient reprochés, les quatre ont été condamnés à mort par jugement du 6 mars 1916, rendu par le tribunal indigène du 2e degré de Tamatave, jugement confirmé par la cour d’appel de Tananarive.
C’est pour expier leur double crime que ce matin, vers 6 heures, ces quatre condamnés ont été exécutés sur la plage d’Ivondro, payant ainsi leur dette à la société.
Cette exécution servira de leçon aux indigènes qui étaient venus y assister en foule. Les Européens étaient également très nombreux, malgré l’heure matinale.
La mort a été instantanée pour les quatre condamnés et il n’y a eu aucun incident à signaler.

Nouvelles de Sainte-Marie-de-Madagascar

Un progrès. – À la demande de notre Commission municipale, les bureaux de la Résidence sis à l’Îlot Madame seront prochainement reliés téléphoniquement avec les bureaux des postes et télégraphes à Ambodifototra. Pour faire face à cette dépense, il a été prévu un crédit de 900 francs. Il nous sera permis de signaler une lacune à cette prochaine installation, c’est de n’avoir pas compris la grande utilité d’y joindre le bureau du gardien chef de la maison de force et de correction qui se trouve à 80 mètres de distance du service postal. Mais M. Lebureau, qui siège à Tananarive, est tellement éloigné de cette dépendance qui a nom Sainte-Marie !…
Service des Domaines. – Les 72 courbes dont la vente avait été annoncée pour le 27 juin, à Ste-Marie, ont été adjugées à M. Sauvage, armateur, au prix de 5 fr. 25 centimes pièce. Ce lot de bois sera transporté à Tamatave par le voilier de l’acquéreur.

Le Tamatave

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15 septembre 2016

Il y a 100 ans : Le mouvement du commerce

Le mouvement du commerce général de Madagascar et dépendances, pendant l’année 1915, s’est élevé (importation et exportation réunies) à une somme totale de 109 833 460 francs. C’est une augmentation de 15 793 542 francs sur l’année précédente et une plus-value de 14 253 274 francs sur la moyenne quinquennale de 1910-1914.
À l’importation, les valeurs ont atteint le chiffre de 43 767 345 francs. Elles ont été ainsi inférieures de 3 millions 589 353 francs à celles de l’année précédente, et inférieures de 300 617 francs à la moyenne quinquennale.
Les exportations ont atteint le chiffre de 66 066 115 francs en augmentation de 19 382 895 francs sur l’année précédente, et en diminution de 29 513 071 francs sur la moyenne quinquennale.
La part de la France dans ce mouvement commercial a été de 76 448 324 francs dont 24 766 286 francs à l’importation et 51 682 038 francs à l’exportation. C’est une augmentation totale de 7 927 963 francs sur l’année précédente ; une diminution de 12 720 720 francs à l’importation et une augmentation de 20 648 683 francs à l’exportation.
Le commerce avec les autres colonies françaises représente 8 462 227 fr. dont 5 164 083 francs à l’importation et 3 298 144 francs à l’exportation. C’est, par rapport à 1914, une augmentation totale de 4 189 383 francs, une augmentation de 2 988 586 francs à l’importation et une augmentation de 1 258 993 francs à l’exportation.
Les échanges avec les pays étrangers se sont élevés à 24 922 909 francs, dont 13 836 976 francs à l’importation et 11 085 933 francs à l’exportation. C’est, par rapport à l’année précédente, une augmentation totale de 19 630 000 fr., une augmentation de 4 487 821 francs à l’importation, une diminution de 2 524 781 francs à l’exportation.
Les Annales coloniales

La « Lucienne »

Ce voilier, de retour de Maurice, vient prendre un nouveau chargement de riz, pour cette même destination.
Comme marchandises, ce voilier a à bord pour notre port des sacs de jute et une automobile pour M. Dechamp.

La Dépêche malgache

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14 septembre 2016

Il y a 100 ans : Les garanties présentées par les soumissionnaires

À la suite de l’obligation dans laquelle s’est trouvée l’administration de résilier un marché passé avec un entrepreneur avant que les travaux aient reçu un commencement d’exécution, le Gouverneur général de Madagascar a fait connaître au directeur des Travaux publics qu’il se verrait obligé de recourir à des sanctions disciplinaires contre les agents techniques, membres des commissions d’adjudication, qui n’auraient pas renseigné ces dernières sur les garanties que présentent les soumissionnaires.
À ce sujet, une circulaire a été signée, rappelant que :
« Les agents dont il s’agit doivent fournir aux commissions tous les renseignements qu’ils possèdent sur les garanties de moralité, de solvabilité et de capacités que présente chacun des concurrents à l’adjudication.
« C’est pour permettre au service des travaux publics de se renseigner au préalable à ce sujet que les conditions générales du 20 janvier 1899 prescrivent le dépôt par l’entrepreneur, un certain temps à l’avance, de ses références et de la déclaration de son intention de soumissionner.
« Il convient de ne pas perdre de vue également que l’agent technique, dans le cas où la Commission admettra un soumissionnaire malgré son opposition et où ce soumissionnaire sera déclaré adjudicataire, doit exiger qu’il soit fait mention de son opposition au procès-verbal d’adjudication.
« De plus, il doit faire connaître les motifs de son opposition dans un rapport spécial qui est soumis à M. le Gouverneur général en même temps que le procès-verbal d’adjudication. »

Graphite et main-d’œuvre

Le Gouverneur général de Madagascar a décidé, dans l’intérêt de la défense nationale, en vue de mettre à la disposition des exploitants du graphite, la main-d’œuvre qui leur est indispensable pour satisfaire aux besoins de la métropole, qu’il pourra être imposé, à titre provisoire et exceptionnel, aux indigènes, en dehors des prestations réglementaires, des prestations supplémentaires rémunérées.

Les Annales coloniales

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13 septembre 2016

Il y a 100 ans : Madagascar et les exportations de Maurice

Une fois de plus, il est prouvé et bien prouvé que la face des choses varie selon le bout de la lorgnette avec laquelle on les regarde.
Nous avons plusieurs fois manifesté notre satisfaction en relatant les nombreuses exportations de la Grande Île sur Maurice et nous pensions que les colons madécasses devaient être aussi satisfaits que nous, sinon davantage. Il paraît que nous nous trompions étrangement.
Tout en félicitant leur colonie de produire certaines denrées en assez grande quantité pour en fournir aux voisins de l’ancienne Île-de-France, les colons tiennent à exprimer leur regret de voir que les Anglais n’usent pas de réciprocité à leur égard.
En effet, et le Courrier colonial s’est déjà fait l’écho de cette mesure, ils ont interdit, d’une façon absolue, l’exportation des produits de leurs colonies, quels qu’ils soient, même de la farine.
Or, la Grande Île, qui ne produit pas encore assez de blé pour sa consommation, recevait de la farine de l’Inde par l’intermédiaire de Maurice. Mais la dernière commande que le Yarra devait apporter à Tamatave n’est pas arrivée et les commerçants ont reçu la nouvelle que l’exportation de la farine était interdite.
Que diraient nos alliés si les colons malgaches gardaient à leur tour leur riz et leurs pommes de terre ? Comme le fait remarquer un de nos correspondants, « ces denrées pourront nous êtres nécessaires si la farine vient à manquer. »
Il faut espérer que cette mesure, prise certainement sans réflexion et dans un intérêt général par le gouvernement britannique, sera rapportée si elle ne l’est déjà quand paraîtront ces lignes.
Il y va aussi bien de l’intérêt que des relations de bon voisinage des deux colonies.

Une heureuse décision de M. Garbit

Le gouverneur général de Madagascar a pris une décision qui a reçu l’approbation unanime des colons : il s’agit de la création de deux bourses de 1 200 francs chacune qui seront attribuées à deux jeunes orphelins de la guerre, munis de leur baccalauréat et qui voudraient se consacrer aux études vétérinaires.
Toutefois, ces pupilles devront s’engager à servir dans la Grande Île pour une période de dix ans après leur sortie de l’École vétérinaire.

Le Courrier colonial

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12 septembre 2016

Il y a 100 ans : Au sanatorium d’Antsirabe

Antsirabe exulte. Lors du dernier voyage du Yarra sont arrivées une quinzaine de familles mauriciennes, soit une quarantaine de personnes (les journaux bourbonnais disent 102, sans préjudice d’une trentaine de Réunionnais).
L’arrivée des Mauriciens n’est pas sans intérêt, et le lecteur comprendra l’importance du séjour à Antsirabe de ces voisins qualifiés pour reconnaître les richesses naturelles de la station thermale, les ressources sans nombre qu’elle offre et son avenir immense.
Aussi, la presse locale fait-elle fête à ces arrivants, qui doivent être suivis par les prochains courriers de caravanes plus importantes.
Nos confrères adjurent les hôteliers d’être assez intelligents pour ne pas « plumer » les visiteurs qui apporteront de l’or, tout en faisant connaître Madagascar sous son véritable jour. Il est à penser que quelques-uns viendront même s’y installer et contribuer puissamment à sa prospérité.
Et cela fait songer au temps où M. Picquié inaugurait les thermes d’Antsirabe, et faisait procéder au tracé de la voie ferrée qui doit relier ce centre à Tananarive. Cela fait songer aussi que M. Garbit va compléter cette œuvre, et rendre à nos hôtes le séjour d’Antsirabe le plus agréable possible.
Est-il besoin de faire remarquer que c’est la première fois que cette station balnéaire reçoit un contingent de visiteurs aussi important, sans compter les colons des côtes Est et Ouest qui, chaque année, et de plus en plus, y viennent demander la réparation nécessaire à leurs fatigues.
C’est pourquoi l’administration actuelle, s’étant parfaitement rendu compte de ce mouvement, a décidé de faire édifier, le plus rapidement possible, un établissement thermal présentant tout le confort désirable, auquel sera adjoint un hôtel susceptible de recevoir, dans les meilleures conditions, une clientèle certaine.
Et, puisque nous venons de parler de la voie ferrée Tananarive-Antsirabe-Fianar, disons que sa construction est très avancée, quant à la plate-forme ; seule la difficulté de réaliser, par ces temps de guerre, les commandes de matières ouvrées, a empêché de poser le rail plus loin que Behenjy ; mais le gouvernement général se préoccupe de résoudre cette difficulté et la solution ne peut tarder à intervenir.

Le Courrier colonial

Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont maintenant disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 50 titres parus à ce jour.

10 septembre 2016

Il y a 100 ans : Les doléances des Tamataviens

Tamatave se préoccupe toujours, et à bon droit, de la question du réseau fluvial qu’on lui promet toujours sans l’accorder jamais.
À ce sujet, le Comice agricole n’a cessé de faire remarquer que la région de Tamatave aussi bien que la plus grande partie de la Côte Est est coupée par de nombreux cours d’eau et par d’innombrables marais qui pourraient être facilement reliés entre eux.
De plus, ce réseau fluvial permettrait à toute une zone immense, s’étendant en longueur à plusieurs centaines de kilomètres, tant au nord qu’au sud de Tamatave, d’apporter ses produits dans cette dernière ville et d’en recevoir des approvisionnements à un bon marché extrême ; il est matériellement impossible de demander le même service à un réseau de routes terrestres.
Non seulement leur construction présenterait des difficultés presque insurmontables, mais elle coûterait horriblement cher.
Il va de soi qu’un cours d’eau quelconque, relié au réseau central, ira chercher sans frais les produits dans les coins les plus reculés qui jamais ne connaîtront de route. Tout le monde sait cela – excepté M. Lebureau. Et, si celui-ci le sait, – car s’il fait souvent l’ignorant, cela ne veut pas dire qu’il le soit, – pourquoi renvoie-t-il l’exécution de ces travaux urgents aux calendes malgaches ?
Notre confrère le Tamatave dit à ce sujet : « Des travaux de cette nature exigeraient l’acquisition d’une drague. Et à l’heure actuelle il ne faut pas songer à en faire venir d’Europe une qui d’ailleurs coûterait 170 000 francs. Mais celle des Messageries françaises serait loin de coûter ce prix, et rendrait certainement les mêmes services. »
Et notre confrère d’ajouter judicieusement : « Depuis bientôt vingt ans, il y a à Sainte-Marie, soigneusement enfermée dans un magasin, une drague à main qui, paraît-il, n’a jamais servi. Elle doit cependant avoir été construire pour rendre quelque travail. Elle doit être loin – cela se conçoit – de donner un rendement égal à celui d’une drague à vapeur. Mais cependant ce rendement sera supérieur à celui d’un terrassier. Ne pourriez-vous, M. Lebureau, tirer cette drague de sa léthargie et lui permettre de s’esbaudir sur les canaux des environs de Tamatave ? »

Le Courrier colonial

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9 septembre 2016

Il y a 100 ans : Le carnet d’un boto de pousse-pousse

Il y a quinze jours, j’ai eu la folle prétention d’indiquer à notre Administration malgache une nouvelle source de revenus : je demandais tout simplement l’application d’un arrêté du 10 février 1912, arrêté non rapporté et jamais appliqué. Il paraît que j’ai eu tort, puisque mon appel est demeuré sans écho. Eh bien ! je proteste. Avec tant d’autres, j’estime que le pays a besoin d’argent et moins que jamais les ronds de cuir chargés d’appliquer les arrêtés n’ont le droit de négliger la moindre somme pouvant rentrer légalement dans les caisses publiques, fût-ce même au détriment de société puissantes habituées à donner à leurs actionnaires des dividendes scandaleux.
Le peuple français s’est montré admirable depuis deux ans ; les emprunts ont été couverts au-delà des espérances des pouvoirs publics ; les impôts nouveaux ont été acceptés sans rancœur ; les œuvres de guerre ont prospéré et nos braves poilus ont sacrifié leur vie sans compter.
Tout cela est superbe, mais j’estime qu’avant tout, l’État devrait s’inquiéter de l’argent qui lui est dû et n’en pas laisser échapper une parcelle.
Sarah B.

Fêtes

Pendant le séjour de M. le Gouverneur Général à Tamatave, nous aurons un Grand Concert le 5 août, au profit du monument à élever à Tamatave au Général Galliéni et une journée de Courses, le 6 août.

Exportation minière

Il a été exporté par le port de Tamatave, durant le mois de juin : 2 318 tonnes graphie ; 60 tonnes corindons ; 5 kilos 870 grammes pierres précieuses.
La Dépêche malgache

La « Ville d’Alger »

Ce paquebot, toujours de la Cie Havraise, est arrivé hier sur notre rade, venant de la Réunion. Il doit embarquer lui aussi un millier de tirailleurs venant de Tananarive. Son départ est annoncé pour vendredi prochain.
Le Tamatave

Un monument à la gloire de Galliéni

Des notabilités et des colons de Madagascar viennent de se grouper pour faire ériger à la gloire de Galliéni, fondateur et bienfaiteur de la Grande Île, un monument qui rappellera aux temps futurs les immenses services qu’il rendit à la colonie, et aussi la gratitude des Français de Madagascar envers le grand colonial qui vient de mourir.

Le Courrier colonial

Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont maintenant disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 48 titres parus à ce jour.

8 septembre 2016

Il y a 100 ans : Nouvelles de Sainte-Marie-de-Madagascar

L’état sanitaire de notre île laisse à désirer depuis le mois d’avril, ce n’est pas le fameux poisson légendaire que nous avons eu, mais bien une mauvaise saison. La malaria entre dans les foyers des fonctionnaires, comme dans ceux des colons, indiens et indigènes. Et le service de police, qui surveille tout, ne défend nullement l’entrée de ces maladies !!
M. T…, Inspecteur de police auxiliaire, arrivé depuis bientôt trois mois, ne pourra se plaire ici, car les accès fréquents de fièvre ne lui laissent guère le temps d’exercer ses fonctions.
Relatons aussi que ce père de famille de 6 enfants ne sait où donner de la tête en voyant sa femme et ses enfants alités par la fièvre paludéenne. On peut se demander pourquoi M. le chef de ce service désigne, surtout en mauvaise saison, un fonctionnaire accompagné d’une nombreuse famille pour servir dans un poste malsain surtout pour les enfants en bas âge !
C’est une décision inconséquente, qui non seulement impose des dépenses inutiles au budget, mais place ledit Inspecteur dans un poste où son mauvais état de santé le rend inutilisable.

Les classes 95 et 96

Une vingtaine d’hommes appartenant à ces deux classes sont appelés à passer un nouveau conseil de révision. Ce conseil aura lieu le 15 juillet prochain.

Autres conseils de révision

Les ajournés des classes 13 à 17, ainsi que les exemptés des classes 15 à 17, seront également appelés sous peu à passer un autre conseil de révision.

La « Ville de Marseille »

Ce paquebot, retour de Diégo-Suarez où il était allé prendre deux compagnies du Bataillon de Diégo, comprenant 380 soldats en dehors des cadres, a quitté hier notre rade, après avoir embarqué deux autres compagnies du Bataillon de l’Émyrne, arrivées ici à 9 h. 45, et qui du train sont allées directement sur le bateau. Sur leur passage, les quais étaient pavoisés et une foule nombreuse ainsi que les principales autorités sont allées les saluer au départ.
La Ville de Marseille, qui emporte le courrier pour France, doit se rendre, dit-on, à Nantes ou St-Nazaire, en suivant la route du Cap.

Le Tamatave

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7 septembre 2016

Il y a 100 ans : Audience correctionnelle

Cette grotesque affaire de M. V. S. contre la demoiselle Berta (mineure) et consorts, qui avait obtenu le renvoi, sur la demande du défenseur Me Eug. Dupuy, pour ce jour 23 juin, n’a pu être jugée, M. l’Administrateur-Juge étant empêché pour cause de maladie. Sans opposition des parties, cette cause féminine est de nouveau renvoyée au 12 août prochain.
Par indiscrétion, j’ai pu être informé que la partie défenderesse sera représentée par M. J. Tartarin, qui ne demande aucune rétribution pour ses soins humouristiques. Je suis allé lui faire visite pour le féliciter d’intervenir généreusement dans la défense des accusés non coupables et sans ressources. M. Tartarin m’a fait un excellent accueil et m’a lu certains brouillons préparés pour l’audience du 12 août 1916.
« 1er modèle : Attendu, d’une manière générale, que les dépositions, énonciations et témoignages sont imprécis et inexacts, et jusqu’à certains points contradictoires, etc., etc. ;
« Attendu qu’il ne saurait être admis que la partie demanderesse ait subi une atteinte à sa considération ni à sa valeur morale ; que le préjudice ne peut exister que dans son imagination ;
« En conséquence, Moi, J. Tartarin, Conseil-assistant pour la partie défenderesse, demande qu’il plaise au tribunal de dire :
« Que les prétentions, plaintes pour injures en langue betsimisaraka sont irrecevables, mal fondées ni justifiées ;
« Que tous les papiers incriminants de cette affaire soient détruits pour cause de mauvaises odeurs et condamne aux dépens les plaignants.
« Ce qui serait justice.
« Signé : J. Tartarin. »

Tribunal correctionnel

Dans son audience du 27 juin 1916, le Tribunal de simple police de Tamatave a condamné le sieur Tamby-Souprayen, commerçant à Ambodiriana, District de Tamatave, à seize francs d’amende pour tapage nocturne.

Objets trouvés

Une clé de porte trouvée Boulevard Galliéni a été déposée aux épaves du Commissariat de police.
Un rouleau de dentelles au crochet, un écheveau de fil à broder, une pelote de fil à repriser et un devant de corsage en batiste brodé, enveloppés dans un morceau de tulle, ont été trouvés sur la voie publique et déposés aux épaves du Commissariat de police, ainsi qu’un parapluie trouvé en ville.

Le Tamatave

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