25 août 2016

Il y a 100 ans : À la mémoire du général Galliéni (1)

Les habitants de Tamatave n’ont pas oublié ce que le général Galliéni a fait pour notre ville, et ils lui en ont témoigné leur reconnaissance à l’occasion du service funèbre célébré à sa mémoire, hier, mardi, par la Mission Catholique.
Émouvante et grandiose, en effet, a été cette cérémonie. L’église paroissiale, dont la grande nef était entièrement tendue de noir, avait été superbement décorée jusque dans la rue par les soins de l’autorité militaire, avec une profusion de drapeaux, d’écussons, de faisceaux d’armes, de splendides panoplies. Bien avant l’heure fixée pour la cérémonie, l’église était entièrement remplie jusque dans les moindres recoins et bondée au point qu’il était impossible d’y pénétrer. L’affluence a débordé jusque sur les marches des autels des chapelles latérales.
Toutes les autorités civiles et militaires, tous les fonctionnaires, tous les représentants de sociétés, commerçants, colons, ainsi que les représentants des puissances étrangères, en un mot toute la population avait tenu à venir rendre un suprême hommage au pacificateur et organisateur de Madagascar, à celui qui avait fait notre ville ce qu’elle est.
La musique du 2e malgaches est venue rehausser l’éclat de cette grandiose manifestation en exécutant, de la façon impeccable qui lui est habituelle, des morceaux funèbres au cours de la cérémonie.
À la fin de la messe, le R. P. Freydier, dont on connaît le talent et l’ardent patriotisme, a prononcé une courte allocution : il a dit que ce n’était pas l’oraison funèbre du général Galliéni qu’il allait entreprendre, c’était là un travail de trop large envergure pour trouver place ici. Il se bornait à rappeler sa longue vie de labeur constant consacrée tout entière au service de la Patrie et à l’édification d’une plus grande France. Soldat en même temps que colonisateur, il a inauguré cette méthode qui consiste d’abord à démontrer à l’indigène, par les armes, la puissance de la France, et ensuite à l’amener, ainsi dompté, à nous seconder dans la mise en œuvre des ressources du pays.
Galliéni a été une haute intelligence, un grand cœur et une grande âme, dont la France est justement fière, et qui doit être pour nous un exemple.
(À suivre.)

Le Tamatave

Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont maintenant disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 48 titres parus à ce jour.

24 août 2016

Il y a 100 ans : Le carnet d’un boto de pousse-pousse

Connaissez-vous l’arrêté du 10 février 1912 ? non sans doute ! Eh bien ! moi, j’étais comme vous il y a huit jours et maintenant il n’a plus de secret pour moi, tout simplement parce que je l’ai lu. On a souvent tort de ne pas lire l’Officiel, il y a des choses là-dedans beaucoup plus intéressantes qu’on ne le croit ; en la circonstance, cela m’aurait évité bien des ennuis. Un compain de l’intérieur m’avait chargé de lui expédier quelques produits de sa récolte, je ne pouvais pas lui refuser cela, je fis donc les formalités nécessaires et dieu sait s’il y en a, pendant 2 jours j’ai erré de guichet en guichet, à l’Administration, aux Messageries, à la Douane, j’en suis encore fourbu.
Enfin j’arrive au quai, comme par hasard il pleuvait, j’avise un coin libre sous un hangar et j’y réfugie ma camelote. Eh bien ! qu’est-ce que j’ai pris. J’ai cru m’être fourvoyé et ai fait de plates excuses au cerbère qui me chassait ; mes marchandises attendirent sous la pluie, elles sont perdues. Eh bien ! renseignements pris je me suis fait monter le coup, j’avais droit à un coin sous ce hangar et même à l’œil pendant huit jours, tandis que les marchandises qui s’y trouvaient à l’abri, n’ayant pas pour la plupart acquitté les droits, n’auraient pas dû s’y trouver. Et au bout de huit jours paient-elles les droits prévus ? non sans doute et le gouvernement a besoin d’argent. Que font donc les fonctionnaires ? Il est vrai que ce sont les gros bonnets qui en profitent. Dans ces conditions admettez que je n’ai rien dit.
Sarah B.
La Dépêche malgache

La soie d’ambrevade

Le contre-amiral Buchard, dans un article qu’il vient de publier sur le général Gallieni, dit que le gouverneur de Madagascar favorisait là-bas une industrie du pays que nous ne soupçonnons pas encore.
C’est une étoffe soyeuse, très souple et très solide qu’on appelle « la soie d’ambrevade », et qui est tissée par les Malgaches avec des fils d’araignée, mais d’une araignée spéciale à la grande île.
Malgré la protection accordée à ce tissu par le général Gallieni, qui s’en était fait faire un uniforme d’été, de nuance kaki pâle, l’ambrevade ne fut pas à la mode ; il y avait des intérêts étrangers à ménager. Lesquels ? On ne le dit pas.

Le Gaulois

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23 août 2016

Il y a 100 ans : Inouï ! (2)

(Suite et fin.)
À ce compte-là, pour être logique, M. Chot, comme il a fait jeter au ruisseau le miel du pauvre Céleste, n’aurait qu’à faire raser sans pitié tous les champs de cannes rencontrés sur sa route, sous le prétexte que leurs propriétaires pourraient distiller clandestinement, un jour ou l’autre, le jus de ces saccarifères.
C’est grotesque en vérité, et tellement invraisemblable que nous n’aurions cru à la possibilité d’un tel acte arbitraire, de la part d’un fonctionnaire avisé, si des gens absolument dignes de foi ne nous en avaient affirmé l’absolue exactitude.
Il nous avait semblé que le temps était passé de pareils gestes.
M. le Gouverneur Général souffrira-t-il qu’ils se perpètrent à nouveau ?
Ce serait alors à désespérer de tout et de tous.
Agréez, Monsieur le Directeur, etc.
Un contribuable.

Resurrexit !

La presse locale se félicitera, croyons-nous, de l’heureuse nouvelle que nous portons à la connaissance de nos fidèles lecteurs.
La rédaction de La Dépêche malgache s’enrichira d’une collaboration à laquelle personne de nous ne s’attendait plus, M. Eugène Vally, colon à Madagascar et publiciste très distingué naguère, a bien voulu, à la suite de nos instances, nous promettre un article hebdomadaire, que ses anciens lecteurs, et les nouveaux aussi, liront, certainement, avec plaisir.
Notre vieux confrère nous en voudrait de faire ici son éloge qui n’est plus à faire du reste.
Il y a 15 ans qu’à Madagascar, dans le journal Le Madagascar, un des doyens de nos feuilles locales, dans La Tribune où il milita 4 ans consécutifs, sans compter d’autres organes d’Outre-Mer, il n’a cessé de dépenser, au service des intérêts généraux de ce pays, une expérience coloniale, une verve et surtout une indépendance qui ne sont pas ordinaires.
Alors que nous le croyons [sic] « éteint », il se promet de nous prouver le contraire.
Nous le verrons à l’œuvre. L’homme, qui s’est recueilli longtemps, peut avoir bien des choses à dire.
Nous accueillerons toujours, avec empressement, les articles que, de sa brousse lointaine, il voudra bien nous envoyer, à titre toujours gracieux évidemment, car il a réalisé le vieux principe classique : que l’on arrive à tout par le journalisme à condition d’en sortir par… la vanille.
M. Eugène Vally entend signer de son nom tout ce qu’il produira.
La Direction.

La Dépêche malgache

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22 août 2016

Il y a 100 ans : Inouï ! (1)

On nous écrit de Brickaville :
Monsieur le Directeur,
Voulez-vous bien faire connaître au public, par la voie de votre estimé journal, un procédé très spécial inauguré, au cours de ses journées fructueuses, par le très honorable contrôleur des contributions M. Chot.
Si oui, vous ferez, à notre avis, œuvre utile et même méritoire, car il n’est pas possible qu’en haut lieu on sanctionne ou ratifie cette manifestation d’un zèle par trop excessif qui frise de beaucoup trop près l’arbitraire.
Or donc, Monsieur le contrôleur Chot, entrant ces jours derniers dans la boutique d’un Chinois, et y avisant bien en évidence une dame-jeanne contenant du miel, donna, purement et simplement, l’ordre à un de ses servants de verser au ruisseau le contenu du récipient.
Nous serions curieux de savoir de quel texte s’est autorisé ce fonctionnaire pour commettre un tel acte de force ? Est-ce que par hasard il serait défendu de vendre du miel ? Depuis quand alors cette interdiction qui serait étrange et dont personne n’a jamais été avisé ?
Quel mobile a donc pu dicter au contrôleur Chot ce véritable abus d’autorité ?
Va-t-il nous dire ou dira-t-il à ses chefs que son intention était méritoire, qu’il a voulu éviter que ce miel fût, d’aventure, frauduleusement distillé et transformé en alcool ?
M. Chot, qui a fait ses humanités, qui a des lettres et qui fut même, avons-nous entendu dire, un excellent journaliste à qui son indépendance a valu d’ailleurs son actuelle prébende, doit bien avoir fait, supposons-nous, entre-temps un peu de droit, potassé ses Codes.
S’il les ignore, il devrait les étudier. Ce sont là connaissances parfois utiles dans sa fonction délicate, et avec sa vive intelligence il assimilerait vite ce qu’il lui faut de droit pratique pour éviter de pareils… malentendus. Nous croyons avoir de tout temps entendu dire que la bonne foi doit toujours se supposer d’abord, et qu’en matière de délits, ceux chargés de les réprimer n’ont pas à les prévenir, sous le prétexte qu’ils sont possibles.
(À suivre.)
Un contribuable.

La Dépêche malgache

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20 août 2016

Il y a 100 ans : La «Ville de Marseille»

Ce bateau de la Cie Havraise est en instance d’arrivée dans notre port. Il aura à son bord 350 militaires venant de la Réunion, il ira à Diégo augmenter son chargement, et reviendra le compléter à Tamatave, où il prendra deux Compagnies du Bataillon de l’Émyrne. Puis il se rendra à Durban, doublera le Cap de Bonne-Espérance, pour se diriger vers… un point quelconque de l’univers, où très probablement on est en train de se battre.
C’est un industriel de notre ville qui est chargé d’aménager sur ce bateau les couchettes destinées aux militaires qui y seront embarqués. À ce sujet, on nous prie instamment de faire remarquer que ces travaux d’installation, dont les prix se montent à des sommes relativement élevées, n’ont fait l’objet d’aucun concours, d’aucune adjudication. C’est cependant l’État qui en fin de compte paie la note.
Transmis à qui de droit.
Le Tamatave

Çà et là

Un groupe important de tirailleurs malgaches employés dans les ateliers des maîtres tailleurs et des cordonniers de l’infanterie coloniale à Toulon a demandé la permission de s’absenter avant-hier et s’est rendu à Saint-Raphaël pour déposer sur la tombe du général Gallieni, pacificateur et organisateur de Madagascar, une superbe couronne de souvenir que les Malgaches avaient achetée en faisant une souscription parmi eux.
Le Gaulois

Courrier de France

Nous n’aurons notre courrier d’Europe que dimanche soir, probablement. Les Tananariviens, plus favorisés que nous, ont reçu le leur, via Majunga, depuis mardi.
Comme on savait que le Crimée avait des opérations assez conséquentes à faire à Diégo et que ce navire tient le record de la lenteur, pourquoi n’avoir pas également débarqué notre courrier à Majunga et nous l’avoir acheminé via Tananarive ? En procédant ainsi, nous aurions pu le recevoir mercredi matin.

La rougeole

La rougeole continuant à sévir à Tananarive, la rentrée des classes, qui devait avoir lieu le 15 dans les principaux établissements scolaires de la capitale, a été ajournée sine die.

Messe de requiem

Il sera célébré mardi 20 juin à 8 heures du matin, à l’église catholique de Tamatave, un service solennel pour le repos de l’âme du Général Galliéni, ancien gouverneur général de Madagascar.

La Dépêche malgache

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19 août 2016

Il y a 100 ans : Histoire de peaux

Nous nous excusons, auprès de notre excellent confrère La Tribune, de la liberté grande que nous allons prendre de le devancer quelque peu, dans l’étude élaborée par lui depuis plusieurs mois, de la question des peaux à Madagascar, question à laquelle un Inspecteur des Colonies quelconque viendrait donner un regain d’actualité.
Est-ce bien des peaux de bœufs qu’il va s’occuper ? La question nous paraît résolue depuis belle lurette, c’est-à-dire depuis qu’il y a à Madagascar, des bœufs, des vaches et les peaux d’iceux.
Nous est avis que si M. Demaret, Inspecteur des Colonies, mobilisé s. v. p., n’était déplacé par le Ministère que pour un pareil travail, Gavroche aurait le droit de dire que sinon pour lui, du moins pour l’intérêt de Madagascar, il y est venu… pour la peau.
Au surplus, la question des peaux à Madagascar est complexe. Pour ce qui ne concerne que nous Tamataviens, il y a la peau lisse, qui a rudement besoin d’être soumise à l’étude et je crois que désireuse de tanner le cuir à un journaliste, ainsi qu’il lui est arrivé récemment, elle gagnerait à être elle-même repolissée.
D’autres peaux méritent l’attention. On les trouve, celles-là, un peu partout, dans les grands centres !
En s’en occupant aussi, M. Demaret ne sortirait pas de son rôle : « L’étude des peaux de vaches et de bœufs à Madagascar ».
Nous soumettons cette humble suggestion à la Haute Administration Supérieure.
Mitatatra ho an-dRainilezahy.

La route de Melville

Répondant au vœu émis par le Comice agricole dans sa séance du 6 mai dernier, relativement au prolongement de la route de Melville jusqu’à l’embouchure de la Fanandrana et à l’étude de ce tronçon, M. le Gouverneur Général fait connaître que cette suggestion lui a paru digne d’être retenue et que des prévisions en conséquence seront faites au plan de campagne de 1917.
D’autre part, M. le Gouverneur Général signale que la question de l’emploi d’une drague, pour les travaux du canal du Nord, est à l’étude et qu’il ne manquera pas, le moment venu, de faire connaître au Comice la décision qu’il aura prise à cet égard.

La Dépêche malgache

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18 août 2016

Il y a 100 ans : L’immatriculation des tombeaux à Madagascar

Aux termes du décret du 4 février 1911, portant réorganisation du régime de la propriété foncière à Madagascar, « les tombeaux contenant des sépultures peuvent être immatriculés, mais, même après l’immatriculation, ils restent soumis, notamment lorsqu’ils appartiennent à des indigènes, aux règles spéciales de propriété les concernant. »
Des incidents ont été soulevés à plusieurs reprises, dont quelques-uns sont venus devant les tribunaux, au sujet de la situation juridique des tombeaux immatriculés avec les fonds immobiliers sur lesquels ils ont été édifiés. Ces incidents surviennent lorsque la propriété du fond passe entre des mains étrangères aux membres de la famille de ceux qui ont construit les tombeaux et dont les dépouilles y ont été déposées. Pour mettre un terme à toute difficulté, un décret tout récent complète en ces termes l’article 4 du décret du 4 février 1911.
« Les tombeaux contenant des sépultures peuvent être immatriculés avec les propriétés sur lesquelles ils sont construits sous les réserves suivantes :
« Même après l’immatriculation, ils restent soumis, que l’immeuble appartienne à des indigènes ou à des Européens, aux règles spéciales de propriété les concernant. Notamment en ce qui concerne les tombeaux possédés par des indigènes et contenant des sépultures, ils conservent leurs caractères d’inaliénabilité et d’insaisissabilité établis par la législation malgache. Leur affectation reste régie, quant à son immuabilité et aux usages, par les règles de cette législation, et cela nonobstant toute inscription ; spécialement l’accès aux tombeaux pour les cérémonies ancestrales demeure consacré, dans tous les cas, au profit des familles des personnes inhumées. Leur désaffection ne peut se produire que dans les conditions et sous les réserves reconnues par la coutume.
« Les tombeaux se trouvant ainsi sur un terrain immatriculé ne peuvent, cependant, être ni modifiés ni agrandis. »

Le Courrier colonial

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16 août 2016

Il y a 100 ans : Importantes arrestations (2)

(Suite et fin.)
Les deux premiers avaient été condamnés à 20 ans de travaux forcés pour association de malfaiteurs, assassinat suivi de vol, sur la personne de M. Véron, prospecteur, entre Diégo-Suarez et Vohémar, pendant qu’il allait en filanzana, muni d’une certaine somme d’argent destinée à payer ses ouvriers. Son interprète fut assassiné avec lui.
Avec un cynisme sans nom, et presque en se faisant gloire des actes commis, ces bandits ont relaté toutes les circonstances du crime, et comment ils avaient caché au pied d’un arbre, sous une pierre, les bijoux et l’argent volés, qu’ils ont été reprendre intacts, à leur sortie de Nosy-Lava.
En effet on a encore retrouvé sur eux 300 fr. et des bijoux. Mais il sera peut-être prudent de vérifier si cet argent et ces bijoux ne proviennent pas de vols récents commis par eux en cours de route, dans leur pérégrination de Nosy-Lava à Tamatave.
Il y a tout lieu de remercier la Cour criminelle de Diégo pour avoir par son indulgence conservé la vie à ces doux personnages qui, leur peine terminée, pourront encore contribuer au bonheur et à la prospérité de la Colonie.
Le troisième, Filahana, purgeait une condamnation à 10 ans de réclusion, prononcée par le tribunal de 2e degré d’Analalava, pour « vol en bande la nuit ».
Le quatrième, Tsimamolaka, avait été condamné à 20 ans de travaux forcés par la Cour criminelle de Majunga pour « complicité d’assassinat, vol qualifié et meurtre ».
L’agent de police Randriandreinony mérite mieux que de simples félicitations pour avoir si courageusement, et au péril de sa vie, opéré l’arrestation d’un bandit de la trempe de Varimana.
Nous en dirons de même de M. l’inspecteur Bringarde qui, par sa présence d’esprit et la promptitude de sa décision, a amené l’arrestation et les aveux d’une bande de malfaiteurs aussi dangereux.
Le Tamatave

Exportation minière

Il a été exporté par le port de Tamatave, durant le mois de mai :
Poudre d’or, 105 319 grammes ; pierres précieuses, 33 285 grammes ; graphite, 1 054 517 kilogram. ; corindons, 237 048 kilogram. ; mica, 66 kilogram. ; minerai d’urane, 380 kilogram.

La Dépêche malgache

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14 août 2016

Il y a 100 ans : Importantes arrestations (1)

Vendredi dernier, 2 juin, dans la matinée, l’agent de police indigène Randriandreinony, passant dans une rue de Tanambao, banlieue de Tamatave, a rencontré un Antemoro étranger au village. Ayant réfléchi un instant, il s’est souvenu que, il y a quelques années, étant de service à Diégo-Suarez, il avait conduit ce même indigène devant la Cour criminelle de cette ville qui l’avait condamné aux travaux forcés pour assassinat d’un prospecteur, et dont l’évasion de Nosy-Lava avait été signalée en janvier dernier. C’était Varimana.
S’étant approché pour l’arrêter, Varimana a pris la fuite ; l’agent s’est mis à ses trousses, mais ce n’est qu’en dehors du village de Tanambao qu’il a pu le rejoindre. Là, une lutte corps à corps a eu lieu entre les deux hommes, lutte qui a duré près de vingt minutes et à la fin de laquelle l’agent de police a réussi à maîtriser son adversaire. Heureusement que Varimana n’était pas armé, car comme il l’a dit lui-même aux inspecteurs de police : « Je regrette bien de n’avoir pas été armé, car si j’avais eu seulement un couteau j’aurais zigouillé l’agent et on ne m’aurait pas attrapé. »
Amené au poste de police de Tanambao, ce doux personnage, à qui on a demandé ce qu’étaient devenus ses complices d’évasion, a répondu à M. l’inspecteur Bringarde, chef de ce poste, que ses trois compagnons s’étaient dirigés vers le Sud et qu’il était venu seul à Tanambao. Mais M. l’inspecteur Bringarde, dont le zèle, le flair et l’expérience professionnelle sont bien connus, a trouvé cette réponse invraisemblable et, sans perdre une minute, il a lancé tout son personnel et même ses voisins à travers le village. Bien lui en a pris, car, peu après, les trois complices de Varimana étaient arrêtés juste au moment où, tout leur linge roulé autour du corps, ils s’apprêtaient à déguerpir.
Après longs interrogatoires, confrontations et vérifications, il a été bien établi et reconnu par eux qu’ils étaient Varimana, Tsiambany, Filahana et Tsimamolaka, évadés le 22 janvier 1916 de la maison de force de Nosy-Lava.
(À suivre.)

Le Tamatave

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11 août 2016

Il y a 100 ans : Le carnet d’un boto de pousse-pousse

Mon vieux copain « Spectateur », qui a fait dans La Dépêche le compte-rendu du concert de samedi dernier, vient de prendre quelque chose pour son rhume pendant près d’une semaine ; il n’a plu à personne, il en est navré, et quoiqu’il en soit chargé par notre Directeur commun il n’en veut rien savoir, pour assister à la soirée malgache de demain. Je ne veux pas que nos lecteurs y perdent, aussi j’ai résolu de leur faire dès aujourd’hui, à l’avance, un compte-rendu qui pourra satisfaire les plus difficiles :
« Nos oreilles et nos yeux sont encore sous le charme ; cette soirée fut un triomphe ; nous avons ri et pleuré ; les artistes furent tous incomparables, même les figurants, c’est une troupe d’élite qui ne serait déplacée sur aucune scène de nos grands théâtres de la… Colonie. Je ne féliciterai personne en particulier, car je n’ai pas vu le programme et je ne connais pas les noms des artistes. Je leur dis à tous, continuez. Je pourrais, moi aussi, continuer comme cela pendant plusieurs colonnes, mais la place me manque, je m’arrête bien à regret.
« J’oubliais la salle, ce fut la cohue des grands jours, l’avalanche ; la police dut renoncer à organiser un service d’ordre ; des enfants furent étouffés, des femmes piétinées ; les morts et les blessés se portent bien. »
Voilà, mon vieux « Spectateur », prends modèle.
Sarah B.
La Dépêche malgache

Un joli trait de M. Garbit

Un brave colon malgache, ayant la cinquantaine, M. Bontoux, s’était engagé pour la durée de la guerre, et dut être évacué du front après avoir fait bravement son devoir. Il est revenu dans sa chère colonie et, dès qu’il eut appris son retour, M. Garbit, gouverneur général de Madagascar, s’est empressé de lui faire parvenir ses félicitations.

Générosité malgache

Les habitants du district d’Ambato-Boeni (Maevatanana) ont offert pour les souscriptions en faveur des œuvres de la guerre 3 189 bœufs.
Nous apprenons [par ailleurs] que le personnel des P. T. T. de Maevatanana, sous la conduite de M. C. Véron, receveur, a donné une brillante soirée théâtrale à l’occasion de la Journée du Poilu. Cette soirée a obtenu un succès inattendu. La recette brute a été de 425 fr. 25.
Félicitations des plus chaleureuses aux P. T. T. de Maevatanana.

Le Courrier colonial

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10 août 2016

Il y a 100 ans : Le concert

Nous l’avons échappé belle. Généralement, le rideau ne se lève qu’à 9 heures. On a voulu avancer d’un quart d’heure et il s’y est catégoriquement refusé, enfin les autorités des loges étant venues à la rescousse, ce sacré rideau a cédé. Eh bien, s’il ne s’était pas levé nous aurions perdu beaucoup, car dans l’ensemble la soirée de samedi fut parfaite. Les pièces au programme furent un des points faibles de la soirée, notre Frelant communal (j’allais écrire national) y écrasa tous ses comparses. Mmes Burgeat, Prevel et Amand furent bonnes. Mme Prevel se dépensa sans compter et Mme Burgeat fut très à hauteur pour un début. M. Mathiaux, spécialiste des rôles ingrats, s’en tira au mieux et nous reverrons toujours avec plaisir MM. Colombani et Tissié. Les chansonnettes et les chansons eurent un gros succès, un succès du reste mérité. Le piano trop en retrait ne nous a pas permis d’apprécier M. Landeroin comme il méritait de l’être, quant aux autres ce fut parfait. M. Marie, que nous n’avons pas assez souvent vu à mon gré, fut récompensé comme il le méritait par des applaudissements unanimes. Colombani est à mettre dans du papier de soie tellement il nous a amusés.
Mais pourquoi se peint-il au lieu de se grimer ? M. Tissié, en dehors d’une jolie voix et d’une diction parfaite, possède une garde-robe de premier choix, on ne se fatigue ni à le voir ni à l’entendre même quand il parle anglais, je suis certain que nous aurons encore le plaisir de l’applaudir. Mme Vigne, accompagnée par l’orchestre, nous a sorti sa voix des grands jours, nous l’avions déjà entendue plusieurs fois sans croire à un pareil talent, nous sommes obligés aujourd’hui d’en convenir et de la remercier.
En musique pure, Mme Douyère fut éblouissante au piano et M. Prevel hors de pair sur la clarinette. Son partenaire, Rafaralahikely sur le même instrument est à retenir. L’orchestre fut une surprise, nous le devons à M. et Mme Prevel, dont le dévouement, la modestie et le gros talent ne sauront être jamais trop appréciés.
Le chant du départ, en apothéose, terminait la soirée. Ce numéro, organisé par M. Mathiaux, fut réussi de tous points. Mme Nicolle est une révélation. Le groupe était à photographier, il paraît qu’on en est à la 17e épreuve, mais ce sacré Maury bouge tout le temps.
Spectateur.

La Dépêche malgache

Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont maintenant disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 48 titres parus à ce jour.

7 août 2016

Il y a 100 ans : La « Journée du Poilu »

C’est jeudi soir qu’eut lieu à l’éternel Cinéma la première fête donnée à l’occasion de la « Journée du Poilu ».
Le prix des places ayant été doublé, on pouvait néanmoins escompter une belle recette, mais il paraît que les menus frais en ont absorbé une grande partie. Pendant l’entracte, il a été vendu aux enchères publiques diverses affiches représentant nos poilus ; quelques-unes ont atteint 50 et 60 francs.
Dimanche matin, dès la première heure, de gracieuses jeunes filles parcouraient la ville avec le plus aimable des sourires épinglaent sur la poitrine des passants l’insigne de « Nos Braves », petites et grosses pièces tombaient alors dans l’aumônière des charmantes quêteuses.
On dit généralement que les jeunes filles sont timides, qu’elles n’osent pas ; cependant, lorsqu’il s’agit d’une œuvre de bienfaisance, elles prouvent le contraire, nous en avons eu un exemple hier, et, malgré la modicité du prix des insignes, la recette a dû être rondelette.
Tous nos compliments, Mesdemoiselles.
Dans l’après-midi, à l’Hippodrome des Manguiers, les membres du Sport-Club Indigène de Tananarive nous ont donné quelques échantillons de leur force et de leur habileté dans des exercices d’équilibre, d’haltères, des assauts de boxe, d’escrime, et un match de foot-ball. Les principaux athlètes ont été vivement applaudis.
Beaucoup de monde aux tribunes, et sur la pelouse la foule des grands jours qu’une malencontreuse pluie qui s’est mise à tomber vers 5 heures a bien vite dissipée.
Durant toute l’après-midi, la musique du 2e Régiment de tirailleurs malgaches nous a fait entendre les plus jolis morceaux de son répertoire tandis qu’inlassablement de mignonnes vendeuses vendaient toujours des insignes au profit de « Nos Poilus ».
Le soir eut lieu au Théâtre Municipal un concert donné par les indigènes.
Malgré la pluie qui ne cessait de tomber, il y eut une jolie salle et surtout d’éclatantes toilettes, dit-on, car notre collaborateur Sarah B., à qui nous avions demandé d’assister à cette soirée, nous avoue que, craignant d’être conspué, peut-être même passé à tabac par ces dames (ses compatriotes) qu’il a si souvent dénigrées, préféra s’abstenir de pénétrer dans la salle.
Intérim.

La Dépêche malgache

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5 août 2016

Il y a 100 ans : Le général Galliéni (4)

(Suite et fin.)
Si la mort du général Galliéni est en France un deuil national, elle n’aura, nulle part, provoqué une douleur aussi profonde qu’à Tananarive et dans toute la Grande Île, qui professait un véritable culte pour son ancien gouverneur général.
Je n’ai jamais vu conserver aussi fidèlement, dans une colonie, le souvenir d’un chef. Le nom de Galliéni était sans cesse dans la bouche des colons et des indigènes de cette île. « Ah ! Si le général était encore là ! » avaient-ils coutume de répéter au lendemain d’une de ces mesures maladroites ou vexatoires qui ont entravé plusieurs années le développement de Madagascar.
Hélas ! Le général n’est plus là !… Lui aussi a disparu dans la tourmente qui secoue l’Europe et a déjà creusé de si larges vides dans les rangs des coloniaux. Mais la mémoire de cette grande et noble figure sera pieusement conservée. Le nom du général Galliéni restera à jamais uni à celui du général Joffre dans la reconnaissance nationale, vouée aux généraux qui ont gagné l’immortelle bataille de la Marne. Aussi le monde colonial a-t-il le droit de dire avec orgueil : Galliéni et Joffre se trouvaient ensemble à Madagascar ; c’est dans nos possessions d’outre-mer, si souvent calomniées, qu’ils ont acquis les éminentes qualités qui devaient les placer immédiatement au premier plan. Lyautey, Roques, etc., toute une pléiade de généraux s’est formée à l’école de Galliéni. Nos colonies constituent donc une inépuisable pépinière d’officiers instruits, audacieux, pleins d’initiative, qui auront largement contribué à assurer la victoire de la France sur ses ennemis.
Francis Mury.

La crise du papier

Une note adressée à l’Académie malgache donne des détails intéressants sur la manière dont les Antaimoro fabriquent leur papier.
La notice est accompagnée d’un échantillon de ce papier indigène ainsi que des matières premières qui servent à sa confection.
L’auteur de la notice est persuadé qu’en perfectionnant un tant soit peu la méthode Antaimoro, on obtiendrait un papier parfait.
Ajoutons que les Antaimoro peuvent être considérés comme les plus intelligents parmi les Malgaches.

Le Courrier colonial

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1 août 2016

Il y a 100 ans : Le général Galliéni (3)

(Suite.)
En quelques mois, Galliéni réorganisa ce que ses prédécesseurs avaient désorganisé. La reine Ranavalo conspirait, ou plutôt les ministres conspiraient sous son nom. Il la déposa. Les ministres, il les exécuta dans des conditions qui valent la peine d’être rappelées.
L’entourage de Galliéni était fort divisé sur le sort qu’il fallait réserver à ces encombrants personnages. Le général se rangea à l’avis de la minorité, qui proposait de les exécuter, et de mettre le gouvernement en présence du fait accompli, fait qu’il n’autoriserait jamais si un avis préalable lui était demandé. Ainsi fut fait : les ministres furent exécutés et le gouvernement français s’inclina. Dès lors, la tranquillité régna, l’organisation marcha à pas de géant, grâce à l’expérience consommée, à la clairvoyance, à l’extraordinaire sûreté de main du général. Aussi lorsque neuf ans après il céda sa place à M. Augagneur, la Grande Île était en passe de devenir une de nos plus florissantes possessions d’outre-mer. Si elle n’est pas aujourd’hui une colonie aussi riche que l’Indo-Chine, c’est surtout, disait l’autre jour notre grand confrère Le Temps, qu’on s’est trop écarté des méthodes de Galliéni.
Rien n’est plus vrai. Madagascar a cruellement appris à ses dépens ce qu’il en coûte d’avoir à sa tête un gouverneur général qui a peut-être été un excellent maire, mais qui a tout à apprendre du métier de gouverneur.
Puisse cet exemple être mis à profit par M. Doumergue qui a aujourd’hui à choisir le nouveau gouverneur général de l’Indo-Chine.
Galliéni n’a pas été seulement un grand général, un administrateur de premier ordre, il a été également un écrivain colonial de haute valeur. Dans son premier ouvrage : Mission d’exploration du Haut-Niger, se révèle un véritable talent d’écrivain. Deux Campagnes au Soudan, Trois Colonnes au Tonkin, La Pacification de Madagascar, sont justement populaires et passionnent la jeunesse. Dans nos grandes revues, il a également publié des articles très remarqués. Le Courrier colonial, dont il était devenu le collaborateur depuis qu’il s’était retiré à Saint-Raphaël, lui doit notamment des articles sur Madagascar qui ont attiré l’attention de la grande presse métropolitaine.
(À suivre.)
Francis Mury.

Le Courrier colonial

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31 juillet 2016

Il y a 100 ans : Le général Galliéni (2)

(Suite.)
Mais ce sont là les résultats, la façade de l’œuvre de ce grand colonial. Ce que l’on n’a pas assez dit, c’est que le général Galliéni est le plus magnifique exemple de ces officiers administrateurs qui ont su faire revivre le génie colonisateur de notre race.
Après avoir conquis, il pacifiait. C’était l’organisateur par excellence. Aussi, le général Lyautey, qui fut à son école comme les généraux Joffre, Roques, etc., a-t-il excellemment caractérisé la manière de son ancien chef en l’intitulant : « Une organisation qui marche ». À peine une région était-elle tranquille qu’elle se voyait dotée d’un régime adapté aux mœurs, aux habitudes de sa population, à sa situation économique. Le soldat-laboureur du maréchal Bugeaud était devenu, avec le général Galliéni, le soldat-colonisateur. Il ne labourait pas, il surveillait l’exécution des travaux agricoles, tandis qu’au-dessus de lui, officiers, sous-officiers administraient le pays, instruisaient les indigènes, leur rendaient la justice, forçaient leur confiance et leur estime, les contraignaient à reconnaître qu’ils n’avaient jamais joui d’une aussi heureuse tranquillité que sous notre domination.
Si le Tonkin est devenu une de nos colonies les plus prospères, c’est grâce à la mise ne pratique des heureuses méthodes de Galliéni. Comme au Niger, comme au Soudan, il a obtenu des résultats aussi merveilleux que rapides en jouant de la politique de races, en faisant disparaître le régime d’oppression qui pesait, avant notre arrivée, sur certaines classes indigènes et dont une administration aussi infatuée de sa supériorité qu’ignorante de la mentalité des populations avait cru le maintien indispensable à notre autorité.
Tout désignait donc Galliéni pour reprendre à Madagascar l’œuvre compromise par l’inexpérience des résidents généraux auxquels nous avions confié les destinées de cette île.
Quand le ministre des Colonies lui remit ses instructions, c’est-à-dire celles qui avaient été rédigées par ses bureaux, le général lui dit en souriant : « Monsieur le Ministre, vous me permettrez de ne jamais les ouvrir. » À quoi le Ministre, en homme intelligent, – cela arrive parfois – répondit : « Je crois que vous ferez bien ! »
 (À suivre.)
Francis Mury.

Le Courrier colonial

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29 juillet 2016

Il y a 100 ans : Le général Galliéni (1)

Peu de jours avant son départ de la rue Saint-Dominique, le général Galliéni me disait mélancoliquement : « Quand pourrai-je revenir à mes chères études coloniales, auxquels je comptais bien consacrer les dernières années de mon existence ? »
Hélas ! les travaux coloniaux de notre éminent collaborateur sont terminés pour toujours. Il est descendu au tombeau avant d’avoir vu le territoire français libéré de ses ennemis.
La lourde tâche qu’avait assumée ce vaillant soldat, en acceptant d’abord la succession du général Michel au gouvernement militaire de Paris, puis celle de M. Millerand au ministère de la Guerre, a été au-dessus de ses forces ! Il ne faut pas oublier qu’il avait derrière lui un long passé de gloire coloniale et que sa santé était minée par les fatigues de multiples campagnes effectuées sous des climats meurtriers. Les luttes parlementaires ont achevé l’œuvre des guerres d’outre-mer. Le général Galliéni est mort au poste d’honneur, il a succombé sur un champ de bataille qu’il n’avait pas choisi et le monde colonial tout entier pleure le grand chef, aimé de tous ceux qui ont servi sous ses ordres ou qui l’ont simplement approché.
Aucun n’a provoqué autant d’affections, éveillé autant de dévouements, que l’ancien gouverneur général de Madagascar.
L’intense énergie qui le caractérisait ne s’exerçait qu’à l’endroit des ennemis de la France. Pour obtenir de ses officiers tout l’effort nécessaire à la réalisation de ses plans, pour lancer ses soldats à l’attaque de troupes ennemies dix fois plus nombreuses, à l’assaut d’inexpugnables positions, point n’était besoin au général Galliéni d’avoir recours à son autorité. Tous se disputaient l’honneur d’exécuter les opérations qu’il prescrivait, d’exposer leur vie pour donner à la patrie les territoires dont elle avait confié la conquête à leur chef.
Depuis huit jours que la France est en deuil du général Galliéni, tout a été dit sur la part qu’il a prise à notre épopée coloniale de 1880 à 1900, courant du Sénégal au Niger, du Niger au Soudan, passant ensuite au Tonkin pour devenir finalement le gouverneur général de Madagascar, avant d’être le libérateur de Paris, titre qui lui restera dans l’histoire.
(À suivre.)
Francis Mury.

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28 juillet 2016

Il y a 100 ans : La crise de la monnaie (4)

(Suite et fin.)
« Il serait, d’autre part, curieux de créer à Madagascar une monnaie d’argent spéciale à cette colonie, alors que l’Indochine, qui a la piastre, dont le cours est variable, s’efforce d’en obtenir la stabilisation. Or, ce résultat ne peut être obtenu que par la constitution d’un stock d’or dans lequel le commerce puisse trouver une réserve pour faire ses paiements à l’étranger.
« Donc, si l’on voulait créer une monnaie spéciale à Madagascar, il faudrait créer d’abord une réserve de métal jaune pour que la valeur nominale de la piastre reste constante. Mais alors, ne vaut-il pas mieux conserver notre système monétaire actuel ? Il a donné d’excellents résultats. Ce n’est pas de monnaie que manque la Colonie, c’est de moyens de crédit. La monnaie ne crée pas la richesse, c’est sa circulation qu’il faut activer. »
Les Annales coloniales

La censure à Tananarive

Depuis l’affaire de la V. V. S., les autorités de Madagascar font ouvrir toutes les lettres provenant de l’extérieur et adressées à des indigènes.
Cette censure opère à Tananarive.

La vie chère à Madagascar

Il n’y a pas qu’à Paris où la cherté de la vie se fait sentir.
Un de nos confrères malgaches donne un aperçu de certains prix, qu’il estime fabuleux.
Les œufs, 1 fr. 20 la douzaine ; le bois à brûler, 0 fr. 10 le paquet au lieu de 0 fr 05 ; le charbon, 0 fr. 15 la mesure au lieu de 0 fr. 05, et ainsi de suite. Dans le domaine de l’épicerie, on voit de sucre cristallisé à 1 franc le kilogramme au lieu de 0 fr. 70 ; les lentilles à 1 franc au lieu de 0 fr. 70 ; le vin à 1 fr. 60 le litre au lieu de 0 fr. 60 ; l’huile d’olive, le demi-litre à 2 fr. 25 au lieu de 1 fr. 75 ; le beurre salé, le quart de boîte à 1 fr. 25 au lieu de 0 fr. 90. Quant à la viande de bœuf, elle est à 0 fr. 80 et 0 fr. 70, au lieu de 0 fr. 40 et 0 fr. 50 ; le porc, également.
Vous vous plaignez, confrère, vous avez tort ; que diriez-vous si vous viviez sur les « bords fleuris de la Seine » ?

Économies de papier

M. Garbit, gouverneur général de Madagascar, vient de recommander expressément aux bureaux de la Grande Île d’économiser le papier, et d’expédier sous bande tout ce qui est susceptible de l’être.
C’est une sage mesure qu’on devrait imposer aux bureaux de la métropole.

Le Courrier colonial

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