17 janvier 2017

Il y a 100 ans : Encore la question des graphites (1)

Dans sa séance du 26 août dernier, la Chambre des Mines de la Colonie, entre autres questions des plus intéressantes, s’est occupée de l’interdiction d’exporter aux États-Unis le graphite de Madagascar.
Nous avions déjà signalé le grave préjudice causé par cette interdiction aux exploitants de graphite de la colonie, et nous avions fait connaître les causes peu avouables de cette interdiction. La Chambre des Mines insiste sur la gravité de ce préjudice ; mais elle passe sous silence les causes que nous avions dénoncées.
Patriotiquement, elle fait ressortir que tous les exploitants de graphite sont parfaitement d’accord pour réserver, – d’abord et avant tout, – à la France et à ses alliés les stocks qui leur sont nécessaires. Il est à peine besoin de dire que nous sommes tous d’accord sur ce point.
Mais où notre manière de voir diffère considérablement de celle de la Chambre des Mines, c’est lorsque celle-ci déclare que la France et ses alliés n’absorbent qu’une faible partie de notre production. Elle ajoute que par suite les exploitants de la colonie devraient donc pouvoir légitimement disposer du surplus de leur production, et la Chambre des Mines ne voit d’autre pays d’exportation que le pays neutre des États-Unis.
Que fait-elle des alliés ? Nous mettons de côté l’Angleterre qui, par ses colonies, produit à elle seule de quoi fournir du graphite à toutes les autres nations.
Nous mettons également de côté l’Italie qui ne peut être pour nous un acheteur important.
Mais que dites-vous de la Russie et du Japon ? Ce sont des alliés ceux-là, et même des alliés des plus sérieux. Ils en donnent une preuve palpable à l’heure présente. Dans le Japon, 1 200 usines, occupant plus de 100 000 ouvriers, fournissant depuis longtemps, et exclusivement, aux Russes les munitions qui leur ont permis de réparer leurs désastres et de reprendre leur marche en avant.
Cependant, malgré la certitude que nos graphites ne serviraient pas à nos ennemis, il nous est impossible de leur en livrer une seule tonne.
(À suivre.)

Le Tamatave

Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont maintenant disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 57 titres parus à ce jour.

14 janvier 2017

Il y a 100 ans : Les douanes à Tananarive

Une heureuse mesure, qui correspond au développement des transactions commerciales sur les Hauts Plateaux, vient d’être prise par le Chef de la Colonie. Un entrepôt réel des douanes est créé à Tananarive, à compter du 1er août 1916.
Désormais, les commerçants pourront laisser à l’entrepôt les stocks de marchandises passibles de droits de douane et de consommation. Ces droits ne seront acquittés qu’au fur et à mesure des retraits qui, avec les facilités de fractionnement, pourront n’avoir lieu qu’après vente ferme. De plus, pour les liquides en fûts, les droits n’étant perçus que sur les quantités sortant d’entrepôt, tous les déchets et pertes seront exonérés, par ce seul fait, des taxes qui, autrefois, grevaient plus lourdement les quantités livrées aux consommateurs.
Le délai d’entrepôt est de deux ans, mais il peut être prolongé sur la demande du déposant, par autorisation spéciale du service des douanes. Quant au tarif de magasinage, il a été fixé aussi bas que possible. Il comporte un droit unique calculé sur la valeur de la marchandise, d’après la déclaration du déposant. Ce droit, qui est de 0 fr. 25 par cent le premier mois, augmente d’une taxe égale, chaque mois, jusqu’au quatrième, puis seulement de 0 fr. 10 par mois du 5e au 24e inclus. Au-delà de ce délai, il est de 3 fr. 50 pour cent francs et par mois. Enfin, les déposants peuvent assurer leurs colis moyennant une taxe de 0 fr. 10 pour cent payable tous les six mois.
De vastes locaux ont été construits spécialement pour l’entrepôt réel, dans l’enceinte de la gare de Tananarive. Le bâtiment principal, réservé aux marchandises ordinaires, a été établi en bordure d’un quai desservi par deux voies ; il occupe une superficie de 510 m2. Un magasin annexe situé au fond de la cour de la petite vitesse est destiné à l’emmagasinement des matières inflammables ou dangereuses.
En somme, cette institution nouvelle, qui répond aux vœux du commerce, est une excellente réalisation dont le besoin se faisait sentir depuis l’ouverture de la voie ferrée entre Tamatave et Tananarive. Les avantages que le commerce local peut en tirer son inappréciables ; il convient, en le félicitant, de remercier M. le Gouverneur général de la décision qu’il vient de prendre.

Les Annales coloniales

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13 janvier 2017

Il y a 100 ans : Madagascar s’inquiète de l’avenir (4)

(Suite et fin.)
La production annuelle de riz madécasse est supérieure à un demi-million de tonnes et pourrait facilement être plus que doublée. L’Indochine, dont de vastes régions sont impropres à la culture du riz, n’a-t-elle pas un rendement moyen d’environ 2 500 000 tonnes ?
Nos compatriotes de la Grande Île sont inquiets de ce que l’avenir leur réserve. Ils se rendent compte que non seulement la métropole aura besoin d’immenses ressources financières pour effacer toute trace de la guerre, mais que de nouvelles colonies, conquises sur les Germains, viendront accroître notre empire d’outre-mer. Alors ils se demandent s’ils n’éprouveront pas plus de difficultés encore qu’avant le 2 août 1914 pour trouver l’argent nécessaire.
Que nos colons se rassurent cependant. Après la guerre, il n’y aura plus en France de gens assez peu patriotes pour placer leurs capitaux à l’étranger. Or, la richesse de notre pays est infinie ; après la guerre, l’argent sortira de terre comme par enchantement et nos colonies en auront leur large part.
Maurice Raoult.

Le cheptel colonial et la métropole

De La Vie :
Le gouvernement de Madagascar et celui de l’Afrique occidentale ne pourraient-ils faire ce qu’une commune, ou un syndicat des communes, fait en France ?
L’exploitation du cheptel colonial, qui est destiné à âtre exporté à l’état de viande frigorifiée, les y conduira inévitablement un jour, car ils ne pourront laisser l’initiative privée établir au gré de sa fantaisie, dans les ports, les tueries où l’abattage de milliers de bêtes, sous le ciel tropical, constituerait un danger pour la santé publique.
Pourquoi ne pas commencer dès maintenant à agir ? Ces gouvernements ont déjà prouvé trop de valeur pour attendre des fautes commises avant de penser à mieux faire. En prenant cette initiative aujourd’hui, ils enrichiraient leur colonie et empêcheraient peut-être la ruine du troupeau français.
Ils le peuvent sans faire acte commercial.
Quel essor une telle initiative ne donnerait-elle pas à nos colonies agricoles ! et quel concours pour enrayer la crise économique qui nous menace ?

Le Courrier colonial

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12 janvier 2017

Il y a 100 ans : Madagascar s’inquiète de l’avenir (3)

(Suite.)
On aurait tort de redouter quelque mauvais vouloir chez le paysan malgache : en effet, aux premiers temps de notre occupation, quand nous croyions devoir faire montre d’autorité, nous nous aperçûmes vite que l’indigène, exception faite pour le Sakalave, se montrait soumis et déférent envers le maître du pays : on lui disait que le « Fanjakana était son père et sa mère », qu’il allait apporter la richesse dans l’île, il le croyait. On lui disait de faire des routes, d’élever des maisons, il s’y prêtait docilement.
Ces indigènes, dépourvus d’initiative, aiment être dirigés ; il est donc facile d’orienter leurs cultures dans le sens désiré.
Le choix des terrains, les essais et le sélectionnement des espèces, etc., doivent être l’œuvre des colons, guidés par les jardins d’essais de la colonie.
Aussi bien, le plus difficile est-il fait aujourd’hui où les vastes rizières des régions côtières donnent des produits justement appréciés.
Pourquoi faut-il que l’essor de notre belle colonie soit entravé par le manque d’argent ? Que n’obtiendraient nos colons vaillants et tenaces si des capitaux abondants venaient soutenir leurs efforts ?
La prospérité de la Cochinchine, grâce à son riz, montre ce que Madagascar est en droit d’espérer de l’extension de cette culture, en dépit de l’élévation du fret et de la rareté des navires.
Le riz de nos colonies d’Extrême-Orient vient jusqu’à Bourbon qui, normalement, ne devrait pas aller chercher si loin un produit qu’elle a si près d’elle. L’Indo-Chine n’y perdrait rien, les débouchés du riz étant illimités.
Ce qui devrait encore encourager les capitaux à prendre la direction de la Grande Île, c’est la situation extrêmement avantageuse de cette colonie, placée à l’intersection de ce que les Anciens appelaient les grandes routes maritimes du monde, parce qu’elles facilitaient les transactions commerciales. Madagascar se trouve à l’un des principaux carrefours.
À quoi sert cette place privilégiée si Madagascar ne peut en profiter, si les navires qui viendront faire escale après la guerre n’y trouvent rien à charger ?
(À suivre.)
Maurice Raoult.

Le Courrier colonial

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9 janvier 2017

Il y a 100 ans : Madagascar s’inquiète de l’avenir (2)

(Suite.)
Il serait oiseux de toujours répéter que, jusqu’à présent, nos colons n’ont pu compter que sur eux-mêmes, ce qui évidemment est une excellente chose, mais à la condition que ni la mauvaise volonté administrative, ni l’insuffisance du crédit ne viennent décourager les bonnes volontés et annihiler les initiatives.
Peut-on accuser nos producteurs de riz de n’avoir pas fait tout ce qui était nécessaire pour conquérir les marchés susceptibles d’écouler leurs récoltes ?
Nullement certes : au début, le riz malgache méritait de graves reproches ; il contenait une notable quantité de débris pierreux, fort désagréables quand ils entraient en contact avec les dents des consommateurs. En outre, ce riz était un mélange de variétés trop souvent médiocres qui ne pouvait soutenir la concurrence avec les excellents riz d’Extrême-Orient.
Mais précisément, producteurs et industriels de la Grande Île, reconnaissant l’exactitude de ces critiques, se sont efforcés d’améliorer leurs récoltes par la sélection des espèces et, en même temps, de les débarrasser de toutes les impuretés qui les dépréciaient.
Aidés en cela par l’administration, ils ont réussi à établir un type de riz tout à fait satisfaisant pour la clientèle qui s’offrait.
Aujourd’hui, au point de vue de la qualité, il n’y a plus guère que le riz des hauts plateaux qui demande encore à être amélioré, mais, comme nous le disions l’autre jour, c’est à la routine indigène qu’il faut s’en prendre. Il faut éduquer les cultivateurs malgaches, leur faire comprendre qu’ils ont tout intérêt à renoncer aux variétés trop rustiques qui ne trouvent pas preneur à l’étranger pour adopter des espèces à la fois préférées des acheteurs et susceptibles de fournir un grand rendement, ce qui intéresse par-dessus tout l’indigène. Ainsi les usines de la Grande Île pourront présenter à l’exportation un produit beaucoup plus uniforme.
 (À suivre.)
Maurice Raoult.

Le Courrier colonial

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6 janvier 2017

Il y a 100 ans : Madagascar s’inquiète de l’avenir (1)

Nos correspondants de Madagascar, qui constatent l’importance prise par les importations de riz indo-chinois aux Philippines, se plaignent à juste titre que l’on ne se soit pas suffisamment préoccupé suffisamment en haut lieu de procurer de pareils débouchés au riz de la Grande Île.
Si l’on estime que les colons malgaches sont trop intéressés dans la question pour être vraiment impartiaux, nous ferons appel à des témoignages étrangers, comme celui de M. Porter, consul anglais, qui séjourna longtemps à Madagascar et connaît admirablement notre colonie. Ce fonctionnaire éminent a maintes fois déclaré que la culture du riz dans la Grande Île prenait une grande extension et que ce produit trouverait un débouché tout indiqué dans les territoires de l’Union sud-africaine, où il était très apprécié, notamment au Natal et au Transvaal.
Madagascar possède encore une précieuse clientèle à Bourbon où ses expéditions de riz ont doublé en quelques années et à Maurice où elles ont triplé. Voici déjà trois marchés assurés, représentant pour la Grande Île le même avantage que les îles Philippines pour l’Indo-Chine, la proximité, qui permet de lutter avec avantage contre la concurrence. L’avenir s’annonçait donc magnifique pour Madagascar sans cette affreuse guerre qui a ajourné la réalisation de ses plus légitimes espérances. C’est d’autant plus fâcheux qu’aujourd’hui, le riz est devenu un aliment mondial, dont la consommation, suivant les statistiques, dépasse même celle du blé.
Madagascar, dont les régions propices à la culture de ce produit se transformaient aisément en immenses rizières, traverse ainsi une crise dont la pénurie des moyens de transport accroît singulièrement la gravité. Elle exporte encore, mais combien peu, alors qu’elle pourrait fournir bien davantage, notamment à la mère patrie.
Tous ceux qui connaissent la Grande Île savent qu’elle deviendra rapidement un véritable grenier d’abondance le jour où la métropole ne lui dispensera pas trop avaricieusement les concours financiers indispensables à son développement.
(À suivre.)
Maurice Raoult.

Le Courrier colonial

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3 janvier 2017

Il y a 100 ans : La crise de la monnaie

On nous écrit :
Tout le monde à Tamatave se plaint de la rareté de la monnaie d’argent, surtout des pièces de cinq francs. Je viens vous faire connaître de quelle façon ces pièces-là disparaissent de la circulation, afin que, par l’intermédiaire de votre vaillante feuille, à votre tour, vous le signaliez en haut lieu.
Tous les jours, sur la place de Tamatave, des Hovas et des Indiens et un ou deux Français que je pourrais nommer, raflent, moyennant une légère prime, la monnaie de toute nature, et toutes les pièces de cent sous qu’ils peuvent découvrir. Chaque semaine cette rafle atteint le chiffre respectable de 100 à 120 000 francs. Par le courrier du mardi soir, cette somme est portée à Tananarive, où elle est mise à la disposition des prospecteurs et négociants moyennant une prime de 2 et demi %. À tel point que les commerçants sont dans l’obligation de majorer d’une pareille somme de 2 et demi % les articles qu’ils vendent, lorsque ceux-ci leur sont payés en papier-monnaie.
C’est là une spéculation honteuse et antipatriotique au suprême chef ; mais il est parfaitement inutile de parler patriotisme à de tels spéculateurs. C’est, pour eux, un mot vide de sens, et qu’ils ne comprennent pas. Je ne me fais pas une idée des mesures qu’on pourrait prendre pour mettre fin à cet odieux commerce.
D’aucuns opinent qu’il serait possible d’imposer le cours forcé aux billets de banque. À mon avis, ce serait une très mauvaise opération qui discréditerait complètement cette précieuse monnaie. On pourrait peut-être procéder d’une autre manière, et, par exemple, démonétiser toutes les pièces de cinq francs sans exception, en accordant aux détenteurs un délai de six mois par exemple pour remettre leurs pièces soit au Trésor, soit aux caisses publiques, passé lequel délai, ces pièces n’auraient plus cours et ne seraient plus reçues. Je gage qu’il ne faudrait pas longtemps pour voir les caisses du Trésor regorger de pièces de cinq francs.
C’est ainsi d’ailleurs qu’après la conquête on a procédé pour la monnaie coupée.
Voilà mon idée. Que celui qui en aura une meilleure la donne, car la situation est intenable, et exige un prompt remède.

Le Tamatave

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1 janvier 2017

Il y a 100 ans : Les tavy (2)

(Suite et fin.)
Mais voilà ! En montagne, il suffit de mettre le feu à la forêt – plus elle est épaisse, mieux elle est brûlée – puis, sans autre préparation, on y sème le riz, et alors l’indigène a devant lui plusieurs mois de doux farniente, qu’il passe couché sous une cahute, occupé à agiter des épouvantails destinés à éloigner les oiseaux que son riz tenterait.
Tandis que dans la plaine, il faudrait qu’il se donne la peine de remuer la terre et de détruire les mauvaises herbes. Le rendement serait sans doute supérieur ; mais cela le laisse indifférent, pourvu que la fatigue soit moindre. C’est là l’unique raison d’être des « tavy ».
Il est donc excessivement facile de les supprimer radicalement ; en même temps que les auteurs directs en soient punis, ainsi que les chefs de village et les chefs de canton responsables, que les chefs de district soient aussi sévèrement châtiés, et on en aura radicalement fini avec cet usage désastreux.

Les fraudeurs à la douane

Dans son numéro de dimanche dernier, un journal local nous fait connaître « qu’une fraude aurait été découverte ces jours derniers, et que le délinquant n’en serait pas à son coup d’essai. »
Nous allons mettre les points sur les i ; car le manège dure depuis trop longtemps et il faut que cela finisse.
Le fraudeur est un métèque, un Indien du nom de Hossen Moosahee Ditto, commerçant de notre place. Si fraude consiste à déclarer tissus écrus le contenu des balles qu’il reçoit et qui ne contiennent que des tissus imprimés en couleurs.
La différence de prix est telle que les maisons françaises voyaient depuis longtemps s’accumuler leurs stocks d’indiennes sans espoir de les vendre à cause du bas prix auquel le fraudeur pouvait les livrer. Et cela dure depuis des mois, au vu et au su de tout le monde.
Il est donc à souhaiter dans cette occasion que l’Administration des Douanes se montre des plus rigoureuses, d’autant plus qu’elle n’est peut-être pas à l’abri de tout reproche.
Dans le cas où la solution donnée par elle à cette affaire ne répondrait pas au désir que nous venons d’exprimer, nous nous verrions dans la pénible obligation de mettre les points sur les i d’une façon plus précise. A bon entendeur salut !
Il faut absolument que les commerçants français soient protégés contre les fraudeurs métèques.
L. B.

Le Tamatave

La Bibliothèque malgache en général et son animateur en particulier vous souhaitent le meilleur pour 2017, dont on me dit que ça y est, nous y sommes.

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29 décembre 2016

Il y a 100 ans : Les tavy (1)

Cette chronique était la millième à paraître dans Les Nouvelles.
Cette vieille question revient encore sur le tapis et plus que jamais elle est d’actualité.
Les instructions données pour mettre fin à ce fléau – car c’en est un – ont beau être aussi nombreuses que formelles, rien n’y fait. Ces instructions sont lettre morte pour certains chefs de districts. Non seulement ils n’en tiennent aucun compte mais encore – selon l’expression pittoresque de l’un d’eux, chef d’un grand district – ils s’asseyent dessus.
Lorsqu’une nouvelle circulaire leur parvient, dès qu’ils en ont constaté l’objet, sans même la lire, ils la déposent dans un carton à ce destiné, où reposent celles qui l’ont précédée, et avec un geste ironiquement cérémonieux ils ajoutent : « Une de plus aux oubliettes » (authentique).
Le préjudice énorme, autant qu’irréparable, que les « tavy » causent à la richesse forestière de la colonie ?… Qu’est-ce que cela peut bien leur faire ?… Les protestations des corps constitués, comices agricoles, chambre des mines, etc. ? Ils s’en moquent !
Les instructions formelles qu’ils reçoivent à ce sujet ?
Comme nous venons de le dire, ils s’asseyent dessus !
Rien ne vaut pour eux la douce satisfaction d’être agréables aux noires Dulcinées qui leur prodiguent leurs faveurs enveloppantes. Pourraient-ils refuser quelque chose à leurs enivrantes supplications ? Un petit « tavy » pour leur papa, leur frère, leur cousin, leur oncle, leur neveu, et aussi leur amant de cœur car il est notoire qu’un seul ne réussit jamais à les satisfaire et que chez elles… les collatéraux abondent. On ne peut leur refuser une aussi mince faveur !
Donc, ce ne sont pas les indigènes, auteurs directs des « tavy », qui devraient être châtiés. Après tout ils sont en règle puisqu’ils y ont été autorisés. Mais on devrait tomber sérieusement sur ceux qui donnent de telles autorisations. À noter qu’il y a des districts où aucun « tavy » n’est pratiqué, par la raison bien simple que le chef ne les a pas autorisés.
Qu’on ne vienne pas nous rabâcher que, s’il ne peut pas faire de « tavy », l’indigène mourra de faim. Cela est complètement faux ! Il y a partout des plaines immenses et marécageuses, où le riz – certaines qualités – pousserait admirablement avec un rendement bien supérieur à celui du « tavy ».
(À suivre.)

Le Tamatave

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28 décembre 2016

Il y a 100 ans : Les Messageries Maritimes, relation avec Madagascar (6)

(Suite et fin.)
175 fr. les 1 000 kilos : arachides décortiquées, bois, graines de coton, de baobab, de ricin, haricots, maïs, paddy, pois du Cap, noix de coco, os, pignons d’Inde, vieux métaux, tapioca.
225 fr. les 1 000 kilos : manioc, saindoux, suif, griffes de girofle, écorce de palétuviers.
250 fr. les 1 000 kilos : arachides en coques, cacao, café, cire, coprah, gommes, tavoles, burgaus.
400 fr. les 1 000 kilos : peaux.
Au départ des ports indirects, le frais appliqué sera celui qui vient d’être indiqué au départ des ports directs, majoré du fret local et des frais de transbordement.
Veuillez agréer, Monsieur le Directeur général, l’assurance de notre considération la plus distinguée.
Le Directeur par intérim,
P. de Saboulin

Exportation minière

Pendant le 1er semestre 1916 : or, 719 kg. 518 gr. 15 ; pierres précieuses, 83 kg. 027 gr. : cristal de roche, 1 761 kg. ; corindon, 758 t. 667 kg. ; graphite, 10 573 t. 265 kg. ; quartz coloré, 56 kg. ; mica, 2 322 kg. ; urane, 380 kg.

Hospitalisé

Un indigène du nom de Philippe, paraissant atteint de la lèpre, trouvé au marché couvert, a été envoyé à l’hôpital indigène.

Au tribunal

Dans son audience de flagrant délit en date du 14 courant, le Tribunal correctionnel de Tamatave a condamné le nommé Lemahay à six mois de prison pour vol au préjudice de L. X.
La Dépêche malgache

La monnaie de nickel

On annonce la reprise de la fabrication des monnaies de nickel. À partir du 16 septembre prochain, un minimum de 5 000 kilos de flans de nickel seront fournis à l’administration, chaque semaine, par les industriels adjudicataires pour les trois coupures de 25, 10 et 5 centimes.
On utilisera jusqu’à nouvel ordre les deux types de coins (pièces perforées et pièces non perforées) précédemment mis en circulation.
Si nous portons la nouvelle ci-dessus à la connaissance de nos lecteurs, c’est parce qu’il serait question, paraît-il, de remettre à Madagascar un stock de cette monnaie, afin de mettre fin à la crise qui sévit en ce moment.
Pourvu, toutefois, que cette nouvelle monnaie ne prenne pas le chemin de l’autre… via Berlin !!!

Le Tamatave

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27 décembre 2016

Il y a 100 ans : Les Messageries Maritimes, relation avec Madagascar (5)

(Suite.)
Mais, ces principes posés et étant bien entendu que nous ne pouvons pas ne pas en maintenir l’application, nous ne demandons pas mieux, puisque cela paraît devoir être agréable aux maisons intéressées, que de prendre nos dispositions pour que « les indications de taux de fret » qui sont, dans les autres directions, fournies aux intéressés par les agents des compagnies dans les ports de charge, puissent, en ce qui concerne Madagascar, leur être données par nos maisons de Paris, le Havre et Marseille, auxquelles ils pourront s’adresser pour les recevoir et qui seront en mesure de les leur donner dans un délai précédant le départ de Madagascar du navire pour lesquelles elles seront valables, qui sera, à quarante-huit heures près (le temps de recevoir nous-mêmes le télégramme de notre agent), celui indiqué plus haut.
Nous irons même plus loin, et nos chargeurs nous trouveront disposés, chaque fois que les circonstances nous permettront d’assigner à tel taux de fret une durée d’application qui englobe plusieurs départs, à leur fournir cette indication et à étendre à une série de navires les prix que notre compagnie aurait, en principe, cotés pour chargement sur le premier d’entre eux.
C’est ainsi que, animés de ces dispositions, nous avons notamment le plaisir de vous faire savoir que nous appliquerons à la sortie de Madagascar, à dater du voyage de retour du Calédonien et pour les autres navires expédiés de France ultérieurement, mais qui chargeront à Madagascar avant le 1er octobre de cette année, les frets indiqués ci-après, qui s’entendent au départ des ports directs ou grands ports.
Prix au départ de Tamatave, Diégo-Suarez, Nossi-Bé, Majunga
125 fr. par mètre cube : coton, crin végétal, laine, nattes, orseille, feuilles de palmier, rabannes, rafia, fibres, boyaux, conserves, chapeaux de paille, feuilles de citronnelle, cornes en sac, huiles de girofle, peaux de chèvres, sous-produits des conserves, soies de porc, caoutchouc, tabac en rouleaux et clous de girofle.
125 fr. les 100 kilos : corindon, graphite, quartz, terres et minerais divers.
 (À suivre.)
Le Directeur par intérim,
P. de Saboulin
La Dépêche malgache

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26 décembre 2016

Quelques autres photos anciennes

La récolte de documents chez Gallica se poursuit, voici trois nouvelles références fournies il y a quelques jours par le site des numérisations de la Bibliothèque nationale de France.
On commence par trois photos de Madagascar d'Irribe, données par Le Myre de Vilers en 1887. Dont cette "femme en deuil avec son enfant".


Changement de photographe - il s'agit maintenant de Huré pour une série de 29 photographies dont la plupart sont groupées à deux par planche. Voici par exemple la route muletière de Tananarive à Mahatsara (pont en bois sur la rivière Béheno, près d'Ampasipotsy) et le photographe en filanzane, sur la route d'Andevorante à Tamatave.


Troisième série, troisième auteurs des photos, avec Ed. Macquet et 6 photographies, de Tananarive pour l'essentiel, dont le palais de l'ex-ministre des affaires étrangères condamné à l'exil le 7 septembre 1887.


22 décembre 2016

Dix ans de Bibliothèque malgache

Au début, ce n'était pas grand-chose, même si ce n'était pas rien. Des rééditions, au format PDF, de livres anciens consacrés à Madagascar.
Puis sont venus quelques livres papier, grâce à la rencontre avec Jean-Claude Mouyon. On était toujours à Madagascar.
L'année dernière, je me suis lancé vers d'autres horizons, sans oublier l'ancrage local (collections littéraire, belge, 1914-1918 et marcheuse). Avec aussi, je crois, un plus grand soin apporté à la fabrication de livres numériques distribués dans les librairies par l'intermédiaire d'Immatériel.
La Bibliothèque malgache est, d'une certaine manière, un organisme vivant. Qui a tendance à croître (puis à se rabougrir et à disparaître, je sais, mais on n'en est pas là). Le site internet, bricolé avec les moyens du bord, se contentait d'empiler nouveautés sur nouveautés. Quand il y en a 57, dont les premières ne sont plus des nouveautés mais étaient toujours présentes sur la page d'accueil, cela commence à faire beaucoup et on est au bord de l'illisibilité (de l'invisibilité aussi, peut-être?).
J'ai donc, avant-hier et hier, repris mes outils de petit bricoleur de pages web (et c'est ainsi que j'ai constaté que dix ans avaient passé depuis octobre 2006 - je ne suis pas très sensible aux anniversaires, la refonte du site n'y correspond que par accident mais je ne vais pas m'en plaindre).
La page d'accueil est désormais plus légère, ceux qui fréquentaient l'ancienne version pourront en juger.


Seules les nouveautés (et peut-être les parutions à venir quand je serai mieux organisé) sont affichées, et seulement avec leurs couvertures. Il n'est probablement pas besoin de grandes explications pour comprendre qu'en cliquant sur la couverture, on arrive à une fiche individuelle ressemblant à celle-ci.


Quant à naviguer entre les collections, les boutons du menu sont là pour ça, aisément identifiables grâce aux teintes qui caractérisent, depuis le début (tandis que la typographie s'est modifiée en cours de route et retrouvera un jour son unité), chaque collection. On y ajoute un bouton pour revenir à l'accueil, d'autres pour la page Facebook, le fil Twitter (où il n'est pas question que de la Bibliothèque malgache), la version antique du site (et c'est là qu'il faut aller pour les PDF gratuits) ainsi que pour l'adresse de courriel.
Voici, par exemple, la page qui regroupe les titres de la collection Bibliothèque malgache - là aussi, seulement les couvertures, un clic et vous êtes sur la fiche du livre.


Quelques libraires ont trouvé leur place en bas de page. Vous ne me l'avez pas demandé mais je vous répond quand même: non, ils n'ont pas payé pour ça. Attention: les liens vers les sites des librairies ne sont pas personnalisés au point de renvoyer vers le livre que vous cherchez (pas le temps). C'est, à chaque fois, l'ensemble des publications de la Bibliothèque malgache, dans l'ordre chronologique décroissant si possible (ce ne l'est pas toujours).
Toutes les remarques seront évidemment bienvenues. Même et surtout critiques, de préférence quand même exprimées avec amabilité - je viens quand même de construire 63 pages du site...

20 décembre 2016

Il y a 100 ans : Les Messageries Maritimes, relation avec Madagascar (4)

(Suite.)
Partant de cette donnée inexacte, certains commerçants traitent et concluent des marchés sur la base des taux de fret publiés, sans s’inquiéter de savoir s’ils auront des navires pour charger, et quand, pour des motifs toujours indépendants de sa volonté, la Compagnie de Navigation ne peut prendre leurs marchandises, les intéressés se trouvent devenir les victimes de l’erreur qu’ils ont commise, mais dont, certainement, du reste faute d’avoir saisi l’importance de ce que nous venons d’indiquer, ils sont naturellement portés à rechercher le transporteur comme responsable.
Eh bien, nous ne saurions trop, dans l’intérêt même des chargeurs, les mettre en garde contre cette conception erronée des choses, si elle était la leur, qui revient à confondre l’engagement de tarif et l’engagement d’embarquement. Il y a là deux actes absolument distincts et qu’il n’est absolument pas possible – pas plus que cela ne serait équitable – d’assimiler.
Nous vous confirmons, à ce sujet, ce que vous a formellement déclaré notre représentant ; un commerçant ne peut pas, surtout dans les circonstances actuelles, traiter les marchés c. a. f. pour de longues périodes sans s’exposer à toutes les conséquences d’une variation des taux du fret.
C’est précisément à cette conception des affaires, contraire, nous ne le rappellerons jamais assez, à ce qui se pratique partout, qu’est opposé le nouveau régime institué à partir du 1er juillet : la fidélité, nous ne la demandons plus ; de tarif, nous n’en publions plus ; des engagements de prix, nous n’en prenons plus, que « pour des navires déterminés et à la condition expresse » qu’ils se combinent « avec des engagements de chargement » liant réciproquement expéditeur et armateur.
Cela constitue des principes sur lesquels il ne nous paraît absolument pas possible de revenir, de même, la chose doit être bien entendue, que nous ne voyons pas la possibilité de ne pas laisser « à nos seuls agents, dans les ports de chargement », le soin, pour chaque navire, de fixer les taux de fret et de répartir le tonnage.
(À suivre.)
Le Directeur par intérim,
P. de Saboulin

La Dépêche malgache

Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont maintenant disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 57 titres parus à ce jour.

18 décembre 2016

Il y a 100 ans : Les Messageries Maritimes, relation avec Madagascar (3)

(Suite.)
Étant donné ce que nous vous exposons plus haut, vous pouvez vous rendre compte que, dès le surlendemain du départ de Marseille d’un navire, notre agent général à Madagascar peut renseigner ses chargeurs. Cela fait donc un préavis qui atteint de trente-huit à quarante-sept jours pour Tamatave, suivant qu’il s’agit d’un paquebot ou d’un cargo boat, et qui va jusqu’à quarante-cinq et cinquante-cinq jours pour Majunga, suivant la vitesse du navire envisagé.
Ainsi que n’a pas manqué de l’indiquer notre représentant au cours de la dernière réunion de la section, les négociants résidant en France peuvent se faire télégraphier les prix demandés par nos agents, « comme cela se pratique partout ailleurs ». Nous ajoutons que, dans les circonstances présentes et en envisageant les choses sous leur vrai jour, nous ne nous expliquerions pas que le délai ci-dessus de trente-huit à cinquante jours soit insuffisant, alors qu’en Chine et en Indochine, les chargeurs s’en contentent.
Aussi bien, permettez-nous de préciser – car nous avons le désir, nous le répétons, d’éviter le retour de tous ces malentendus et pour cela le mieux nous paraît être d’apporter à l’examen de ces questions toute la clarté nécessaire – permettez-nous de préciser que, dans notre pensée, ce n’est pas dans cette façon tout à fait logique et que nous venons d’exposer, de concevoir la situation, qu’il faut chercher la cause de la réclamation que nous examinons dans ce paragraphe. Nous craignons que le grief dont il s’agit ne soit tout simplement le résultat d’une confusion que nous estimons devoir être dissipée, ce qui va nous amener à l’examen du troisième reproche qui nous a été adressé.

III. Faute d’un tarif connu, il ne serait plus possible de traiter des marchés sur une période un peu longue

Il semble bien que, trop souvent, les exportateurs soient enclins à penser que, parce qu’une compagnie publie un tarif, le fait de cette publication engage cette compagnie, non seulement à pratiquer les prix qu’elle annonce, mais encore à charger les marchandises traitées par eux à ce prix.
 (À suivre.)
Le Directeur par intérim,
P. de Saboulin

La Dépêche malgache

Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont maintenant disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 57 titres parus à ce jour.

16 décembre 2016

De nouvelles photos anciennes de Madagascar

La surveillance des nouvelles numérisations mises en ligne par Gallica provoque parfois de beaux moments. Hier, le surgissement de documents photographiques, sans qu'on sache très bien s'ils n'étaient pas déjà disponibles depuis un certain temps, arrêté l'attention sur ces clichés anciens.
Voici Gallieni à Madagascar, en compagnie de Lyautey, Roques et Martin.


Ou François Paul Louis Pollen et D.C. van Dam eux aussi à Madagascar en 1863-1866.


Ainsi que 87 photographies de Madagascar entre 1898 et 1930, collection Guillaume Grandidier, certaines photographies de lui, d'autres par G. Darcis en 1930 et Jean-Baptiste Razafy, photographe à Tananarive, ainsi que par Louis Ranaivo, photographe à Antsirabe - je ne vous montre qu'un exemple.


Et, enfin, la série la plus ancienne, 26 photographies de paysages, monuments et types ethniques de Madagascar, dont photo du tombeau du comte de Louvière, envoyé extraordinaire de France à Madagascar, décédé à Ambohipo, le 1er janvier 1867. Photographies par Julien Laferrière, don Le Myre de Vilers en 1887. Voici, par exemple, le village d'Ambohidratimo, "à deux heures de Tananarive" (et on se plaint des embouteillages?).


15 décembre 2016

Il y a 100 ans : Les Messageries Maritimes, relation avec Madagascar (2)

(Suite.)
À ce sujet, le mieux nous paraît être de reprendre, ci-après, pour y répondre, les reproches qui ont été faits à nos compagnies.
Ces reproches se ramènent aux trois points suivants :
1° Le fret serait mis « aux enchères », ce qui, entre parenthèses, avantagerait les grosses maisons au détriment des petites.
2° Les établissements principaux des maisons exportatrices de Madagascar, lesquels sont en France, ne peuvent pas connaître à l’avance le prix qui sera appliqué à une époque donnée à la sortie de Madagascar.
3° Les négociants ne peuvent, faute de tarif, traiter sur une période un peu longue.
I. Le fret n’est pas vendu aux enchères
Voici en résumé comment nous avons décidé de procéder.
Le lendemain du départ de Marseille d’un navire de la ligne de l’Océan Indien, notre direction de Marseille câble à notre agent à Madagascar le nom du navire.
Aussitôt en possession de ce télégramme, notre agent général doit effectuer la répartition du volume du navire entre les différentes escales qu’il desservira au retour et fixer des taux de fret pour chaque produit pour embarquement sur ce navire. C’est ce prix et « celui-là seul » que lui-même ou les autres agents de Madagascar (informés par lui et par télégramme) doit offrir aux négociants, au départ des ports directs, suivant leur rang d’ancienneté d’inscription. C’est l’acceptation ou le refus de ces négociants qui constitue le seul jeu de la loi de l’offre et de la demande. Il ne doit pas y avoir de surenchère ; nous avons même pris soin de le préciser dans des instructions « formelles » et qui ne peuvent, à ce point de vue, prêter à aucun doute quant à leur application.
En somme, il y a donc un tarif par bateau, un tarif qui n’est pas publié, mais qui n’en existe pas moins et qui est fixe, quel que soit le chargeur.
II. Il est également inexact de dire que les établissements en France des maisons exportatrices de Madagascar ne peuvent pas connaître à l’avance le prix qui sera appliqué à une époque donnée
Le tout est de s’entendre sur le sens des mots « d’avance » et « époque donnée ».
(À suivre.)
Le Directeur par intérim,
P. de Saboulin

La Dépêche malgache

Deux volumes de compilation de la presse à propos de Madagascar il y a 100 ans sont maintenant disponibles. La matière y est copieuse et variée, vous en lisez régulièrement des extraits ici. Chaque tome (l'équivalent d'un livre papier de 800 pages et plus) est en vente, au prix de 6,99 euros, dans les librairies proposant un rayon de livres numériques. D'autres ouvrages numériques, concernant Madagascar ou non, sont publiés par la Bibliothèque malgache - 57 titres parus à ce jour.